Dans cette chronique, Tanguy Pastureau nous explique qu'une start-up de chez nous a trouvé le remède contre l’acné...

Aujourd’hui je vais vous parler de l’acné, donc auditeur, diffère l’heure de ton déjeuner. 

Ah, l’acné, ce traumatisme de nos jeunes années, moi-même, à 15-16 ans, j’en ai eu, je suintais, ma tronche était tellement humide que Ségolène Royal aurait pu vouloir me protéger tant je ressemblais au Marais Poitevin. J’étais un peu comme Spiderman mais avec du pus à la place de la toile d’araignée, en appuyant comme il faut sur les boutons, j’arrivais à en projeter à 3 mètres, j’ai même attrapé des lapins comme ça, ils se retrouvaient englués contre un chêne. 

Oui, désolé d’être cru, mais c’est la vérité, on se la joue tous petite fleur épanouie, mais en fait nous ne sommes qu’un ramassis de fluides qui puent, si Chanel n’existait pas, ou Adidas musc-taurine-chèvre pour Daniel, dans la classification des espèces, on serait entre l’âne et la moufette. 

Là, en studio, on est 8, parce que le vendredi on fait cluster, il doit y avoir une logique dans le fait du lundi au jeudi à être 4 à se regarder dans le blanc des yeux et le vendredi tout le monde en même temps, mais je l’ai pas trouvée, bon bah l’ensemble est plus dégueu qu’un balai à WC usagé avant passage à la javel par la dame-pipi. Mais quand vous avez de l’acné jeune, c’est pire que tout, parce que ça vous fait 2-3 ans où socialement vous êtes exclu, impossible d’aller parler à une fille, elle ne voit que vos boutons, le bouton pour les filles, c’est l’équivalent du téton qui pointe pour les gars, on n’entend rien de la discussion, c’est gênant parce que dans la jungle, si une fille aux tétons qui pointent vous dit : « attention, t’as un anaconda autour du cou », on meurt bêtement, après ça ne vaut que si on est seul dans la jungle avec une fille, ce qui n’arrive pas, à part Indiana Jones il n'y a aucun autre exemple. En fait, l’acné, c’est ce moment où on est confiné dans son propre corps, et c’est pire que son appart, parce qu’on se retrouve dans le noir, impossible de faire passer un halogène là-dedans, ou alors c’est qu’on bosse chez Fly et qu’un jour il n’y avait pas de clients et qu’on était un peu hot.

Mais ça, c’est du passé, comme le socialisme ou le gluten quand on vit dans le Marais, grâce à la France, fière nation qui a généré Molière, Rabelais mais aussi Patrick Bosso, ce qui fait qu’on est sur une petite moyenne. Oui, figurez-vous qu’une start-up de chez nous, cocorico pouet pouet, a trouvé le remède contre l’acné, pour l’instant il n’y a que des crèmes qui dessèchent la peau, à la fin le jeune ressemble tellement au désert de sel du Chili que Mike Horn essaie de pioncer en bivouac sur son visage. Mais là, cette start-up, Eligo Bioscience, vise haut parce qu’ils veulent supprimer des bouts d’ADN des bactéries provoquant l’acné, on coupe l’ADN, comme chez le coiffeur sauf que personne ne prononce la phrase « alors on les met comment ? ». Moi à chaque fois je réponds « comme quand je suis entré, mais plus court », seulement on est face à la glace les cheveux mouillés avec la même grâce qu’un teckel qui sort de l’étang de Berre et la dame ne se souvient pas comment on était en entrant, donc elle improvise et on ressort avec la coupe de Dawson en 98. 

Moi la dernière fois qui j’y suis allé, il y a une quadra qui m’a demandé un autographe, j’étais flatté, je me suis dit « enfin ça prend », elle m’a dit « t’es toujours avec Kylie ? » et j’ai compris qu’elle me prenait pour Jason Donovan. Si vous ne vous intéressez pas à la musique nulle sur la période juin 88-août 88, vous ne pouvez pas connaître, mais c’était un type avec une raie, comme Fillon mais sans casseroles. Bref, le souci quand on veut couper de l’ADN, c’est que ça coûte très cher, c’est pour ça que souvent on se tourne vers les origamis. Il faut faire des essais, pendant ce temps on ne vend rien, donc lundi, la start-up a annoncé avoir levé 200 millions d’euros, ce qu’au Qatar on appelle supplément terrasse quand on boit un café, auprès de GSK, énorme labo pharmaceutique. GSK, à ne pas confondre avec DSK, qui n’est pas un labo mais un malade.

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