Quand l'avenir est plus sombre qu'une toile de Pierre Soulages, heureusement, il y a TF1...

Nous sommes le 15 octobre, il fait gris, enfin à Paris, il y a plein de Covid, enfin à Paris, Anne Hidalgo, enfin à Paris, rien ne va. L’avenir nous apparaît plus sombre qu’une toile de Pierre Soulages devant laquelle poserait Michel Houellebecq en train de se tailler les veines avec la tranche d’un CD brisé de Mylène Farmer. La vie n’est plus qu’un long morceau de Black Sabbath. 

Heureusement, il y a TF1, oui, TF1, la chaîne à la con qui ne propose que des programmes qui défoncent le cortex cérébral. Le matin, il y a "Téléshopping", avec Marie-Ange Nardi et l’Aspi 3000, pour les distinguer, Marie-Ange Nardi, c’est celle qui, si vous la frottez contre la moquette, n’aspire rien. Pire, elle perd des peaux mortes et après il faut re-nettoyer. Ensuite, 11h, il y a "les Feux de l’Amour", c’est la 48ème saison, quand ça a commencé même Daniel Morin était enfant, il avait des cheveux et pas de poils, l’inverse d’aujourd’hui, sa pilosité s’est déplacée vers le bas de son corps, certains migrants en arrivant à Lesbos disent : « je voudrais remercier les poils de Morin qui ont montré la voie à tout un village au Ghana ». Midi, il y a "les 12 Coups de Midi" avec Jean-Luc Reichmann, qui joue aussi dans un feuilleton de TF1, il fait également les payes et c’est lui qui lave les toilettes. Ensuite le 13h avec Pernaut, le Monsieur qui connait le prénom de l’ensemble des artisans de France, vous portez des sabots il vous dit « ceux-là, tu les as achetés à Gillou, de Guéret, il les a faits en mars 2017, ne dis rien, le 30 ». Fin d’après-midi, il y a "4 mariages pour une lune de miel", dont le concept est simple : une mariée trouve son mariage à elle génial, alors qu’elle épouse un type qui s’appelle Sylvain et ouvre le bal sur la chanson "La Grosse Jocelyne" d’Elmer Food Beat, et les mariages des autres nuls. Puis il y a le 20h, où on voit Jean Castex effaré devant la crise sanitaire en train de se dire « j’ai été mal orienté au collège, clairement j’étais fait pour un petit mi-temps de secrétaire dans une amicale de boulistes ». Enfin il y a un film de super-héros, et on va se coucher la tête vide, à tel point que tout ce qu’on arrive à dire à sa femme, c’’est « heu heu », on fait un feu de camp dans sa chambre, on fait pipi devant la porte pour éloigner les prédateurs, et on vit plus ou moins une soirée typique de l’époque de Néandertal.

Donc TF1, comme M6 ou les autres chaînes, c’est nul, sauf les mois qui précèdent Noël. Parce que là, c’est le retour des bonshommes en pain d’épice, des bons sentiments et des pouffiasses du Wisconsin en bonnet à pompon. C’est le retour des téléfilms de Noël, et là, la période est tellement atroce qu’on va s’en bâfrer, d’histoires de working girls de New York qui retournent dans leur bled dégueu et tombent amoureuses d’un cow-boy sapé comme Jean Lasalle quand il fait son sport. La morale est toujours la même : la fille de la ville, stressée par les SMS, les fusions-acquisitions d’entreprises, les cours de zumba pour se modeler les fesses, réalise que le campagnard n’en a rien à faire de la forme de ses fesses, parce qu’il vit H24 avec des bœufs, donc ses critères de comparaison sont assez bas. Lui vit tranquille, la moitié de la journée il fait griller des saucisses Herta avec un enfant qui lui dit « elle est belle, ta saucisse », mais avec l’innocence des enfants du Montana, et lui n’a pas de vices, OK, de temps en temps il tire sur des noirs, quand il n’a plus de Lexomil. Et la fille de New York se dit « mais bordel, c’est ça la vie, la boue, les glaviots, les pets des vaches, les lynchages ». Et ces histoires simples, ça fait du bien, plus le quotidien est glauque plus on a envie de rêver, cette année je veux une overdose de sapins de Noël, que le maire de Bordeaux convulse devant sa télé en criant « j’ai vu 30 Nordmann morts ! », là son conseiller lui demandera « des suédois ? », il répondra « pire, des arbres ». 

La suite à écouter et à retrouver en vidéo !

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