Depuis la dernière présidentielle, on a peu de nouvelles de François Fillon

Fillon, c’est ce type qu’on disait sûr à 100% de gagner la présidentielle et qui s’est vautré comme un étron, c’est le Yoann Gourcuff de la politique. On s’était habitué à le voir, engoncé dans son loden, avec son pantalon de velours et ses poils, quand il croisait un chat, la bête lui grimpait dessus, persuadé qu’il s’agissait d’une moquette murale. Et puis, d’un coup, pouf, ou Nabilla, c’est pareil, plus rien. Fillon a disparu, à l’instar du Minitel ou de la carrière de Vincent Lagaf. Et c’est comme Xavier Dupont de Ligonnès, cet été, tout le monde a cru le voir, une touriste l’a croisé en Italie, barbu, négligé, tel le ficus qui pourrit dans le hall du siège du PS, où personne ne va plus. Puis il est parti en Islande, destination idéale pour qui souhaite se remonter le moral, ex-æquo avec Alep et la Somalie. Là une famille l’a aperçu au Blue Lagoon, un complexe de bains d’eau chaude, nu sous la douche, lui ne se rasant plus, ils ont cru avoir affaire à un bigfoot et se sont taillés en hurlant. Plus personne n’ose prêter de fringues à Fillon donc il se retrouve dans la nature sans slip, il a la vie d’un renard, il va finir par se faire tirer de 4 balles en direct par un chasseur poilu sur la chaîne Discovery. Mais bon, 2 apparitions en un été, c’est peu, il est aussi discret qu’un rasoir Gillette Venus dans la salle de bain de Patti Smith.

Jusqu’à ce qu’hier, le Maine Libre, le journal de la Sarthe, retrouve Fillon, derrière ils se mettent sur le monstre du Loch Ness, ça devrait être plus facile. Lundi soir, le maire de Solesmes, dans le 7.2, comme diraient les jeunes s’il y avait des jeunes à Solesmes, réunit son conseil municipal. Or, Pénélope Fillon, la dame qui bossait à l’Assemblée par télépathie, en fait partie. Ils ont discuté, nous dit l’article, du repas des anciens du 11 novembre, et Pénélope a proposé d’aider en salle, donc elle ne viendra pas, à chaque fois qu’elle a dit, banco, ce job, c’est pour bibi, elle est pas venue, elle a avec le travail le même rapport qu’a Alain Juppé avec la déconne. Puis ils ont tous dîné au Bœuf Fermier, un resto où au mur il y a des têtes de vegans, des gens du Marais à Paris qui s’étaient perdus. Et là entre François Fillon, la seule star de la Sarthe avec Steevy Boulay, donc la seule star de la Sarthe.

Est-ce que le journaliste du Maine Libre a pu lui parler ?

Oui, et il apparu, dit-il, détendu, il s’est baladé à poil en Islande, ça l’a décoincé, lui pour qui le truc le plus dingue qu’il ait fait dans sa vie fût de se décoiffer la raie, le bain chaud, ça a été son Las Vegas Parano à lui, à un moment il s’est même assis sur un geyser, ça lui a déniaisé tous les pores de la peau. Et puis il a dû voir la vie pourrie qu’à Macron, obligé d’aller en Roumanie et d’essayer de comprendre ce que dit Gérard Collomb, et il a pensé, nom d’un pot de rillette, j’ai échappé à l’enfer, je suis mieux dans mon manoir humide à regarder Pénélope faire des compotes de prunes, il vit comme Jacquouille mais avec un accès aux soins dentaires. Sinon il a annoncé à ses amis du Bœuf Fermier qu’il revenait vivre ici, ce sont ses terres, il a fait pipi tout le long des frontières de la Sarthe pour marquer son territoire, mais qu’il allait aussi voyager, car il a intégré une société d’investissement, il va se balader nu à Wall Street, à la City à Londres et sur le parvis de la Défense.

De temps à autre, épris de nostalgie, il s’arrête devant l’Assemblée Nationale et dit à Pénélope, ah, ma chérie, c’est là que j’ai tout appris sur le flouze, la vie de ma mère, j’ai kiffé, Tony Montana on m’appelait là-dedans, tu sais, moi c’est comme la moutarde, il y a que la maille qui m’aille, j’en place une pour mes frérots qui croupissent à la Banque Postale. Puis il regarde la Seine et réalise que c’est là l’essentiel, l’eau, l’air, la vie, être nu en Islande, faire l’amour avec Bjork en couverture des Inrockuptibles. Jusqu’à ce que Pénélope lui dise, c’est bien beau, tout ça, mais c’est pas en étant à poil que tu vas régler la facture de fioul du manoir, à moins de bosser au bois de Boulogne. Alors Fillon retourne bûcher, prisonnier de son existence de trader fou, rêvant juste d’être un hippie barbu, nu, jusqu’au dernier jour, là-bas, en Islande.

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