La plateforme d'écoute de musique en ligne interdit certaines playlists. Tanguy Pastureau nous éclaire sur le sujet.

Le streaming, c'est la musique en illimité. C'est super, on peut en 3 clics écouter l'ensemble des albums de Maître Gim's, et donc, horrifié, se désabonner avant de se réfugier dans le silence à vie à l'abbaye de Sénanque après avoir brûlé son portable. 

De votre temps, Nagui, écouter de la musique, c'était une galère. Il fallait aller au magasin Nuggets, dire au vendeur : "J'ai entendu un truc à la radio, ça fait lala", il vous disait : "Ah oui, c'est Dalida", vous repartiez avec le disque. En fait, il s'agissait de Nirvana, et vous étiez déçu. Mais aujourd'hui, un titre passe sur Inter, hop, un coup de Shazam, le truc vous dit s'il s'agit de Juliette Armanet ou d'Eddy de Pretto, et vous l'ajoutez à votre playlist sur Spotify. 

Des playlists, il y en a des milliers. Il y a la playlist "se relaxer tout nu" avec que des feulements de Miley Cyrus et des titres de Pierre Perret version dub. Il y a la playlist "à l'ancienne", avec Solaar et Mary J.Blige. Là on se rend compte qu'on a vieilli, quand ce qu'on écoutait il y a selon nous un quart d'heure est appelé "old school" par ces cons de jeunes. Il y aussi la playlist "very old school' avec Julien Clerc et "plus de school du tout, on l'a détruite pour faire un immeuble d'habitation", avec du Charles Aznavour.

Les playlists sur les plateformes de streaming, c'est tout un business, car certaines ont des millions d'abonnés. Si Kanye West, par exemple, y entre son nouveau titre, "My wife's ass is bigger than the Luxembourg", il peut être écouté 20 millions de fois, ce qui générera 14 euros 20 pour lui. 

Mais sur Spotify et les autres, il y avait aussi des groupes néo-nazis. Pour les distinguer des autres, ce sont les seuls qui dans une même chanson arrivent à caser "Hitler" et "bon gars comme on n'en fait plus". En août, les plateformes ont réagi et viré ces groupes-là, parce que leur idéologie, consistant à regretter le III ème Reich, cette période où les gens gardaient le bras en l'air puis le baissaient puis le relevaient 60 ans avant l'avènement du fitness, n'était pas acceptable. 

Mais là, ils viennent de retirer des playlists le chanteur R.Kelly, un crooner R'n'B lascif qui donne envie quand on l'écoute de faire l'amour. Dès qu'on l'entend, il y a tout qui se dresse, les poils des bras, les orteils, le sexe, on est plus que verticalité et à la 12ème chanson on vient taper l'hélicoptère d'Arthus-Bertrand qui est dans le ciel.

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