Dans cette chronique, Tanguy Pastureau fait le point sur un phénomène surprenant à Tréguennec, un petit bled maritime qui sent l’algue moisie et le surfeur crado.

Hier, je suis allé sur le site de Ouest France, pour voir ce que devenait Nolwenn Leroy, alors rien. Mais par contre, j’ai lu un article concernant le village de Tréguennec, un petit bled maritime qui sent l’algue moisie et le surfeur crado. Tréguennec, c’est dans le Finistère, le 2.9, comme disent les jeunes, le 2.9.9, comme disent les bègues, le 2.9.9.9.9 argh comme disent les gens qui font un AVC. Et ce village, jusqu’alors, était paisible, il compte seulement 318 habitants, divisés en 2 groupes : 159 personnes qui s’appellent Loïc, 158 personnes qui s’appellent Maëlle, et une personne qui s’appelle Vincent, que sur place on surnomme l’étranger. 

A Tréguennec, même les mouettes chuchotent, pour ne pas troubler le calme ambiant. Mais malheureusement, notre époque étant celle de la dépravation, des mœurs déviants, de la déliquescence civilisationnelle, en un mot, de la quéquette, Tréguennec n’est pas en train de vivre sa meilleure life, comme dirait Wejdene. 

Je vous explique, la commune est classée Natura 2000, donc site préservé, nature sauvage, flore et faune au top, les puces de mer là-bas font un mètre 30 au garrot, l’été elles mangent des touristes allemands. En fin de journée, comme ça ils sont bien grillés. Mais le souci de ce bord de mer, c’est que la dune y est fragile, or des touristes la piétinent, mais plus que des touristes, là ce sont des sexotouristes. Comment vous expliquer la différence ? Bon et bah disons que le tourisme est à l’arrêt tandis que le sexotourisme est à la raie. Je laisse 4 secondes de pause, pour que tout le monde, voilà… Ouest France décrit le sexotourisme comme, je cite, un milieu naturel fréquenté dans le but d’y faire des rencontres sexuelles, moi je pensais que 100% des sexotouristes étaient soit des hérons soit des batraciens. Mais non, il s’agit d’êtres humains, qui errent nus dans les dunes, parfois il y en a qui bute et tombe dans les chardons, on peut s’en servir comme paillasson. 

Le journal précise que ce sont principalement des hommes seuls, âgés de 50 à 80 ans, des octogénaires qui se trainent sur la dune sans slip, c’est un croisement entre "The Walking Dead" et la vie de Corinne Masiero. On a envie de leur enfoncer un bâton dans la tête tout en abrogeant le statut des intermittents. Vous aurez compris, je suis contre le sexotourisme, faire l’amour en plein air, c’est un truc qui devrait être réservé aux teckels, et encore, ceux qui ont eu 7 doses de Pfizer. Même Neandertal quand il séduisait sa femelle faisait un tas de peaux de bêtes, démarrait un feu et jouait un petit titre sexy de trip-hop avec des os de buffles, mais où ça ? Au fond d’une grotte. Il avait sa dignité.

Et alors Ouest France donne la parole au maire de Tréguennec, Stéphane Morel, qui s’appelle Loïc mais il a pris un pseudo, pour faire comme Prince, qui s’appelait Erwann. Et le maire dit : « la situation ici est hors de contrôle surtout depuis l’été dernier », les mecs ont passé trois mois habillés enfermés chez eux, dès que Macron s’est écrié « Jaques a dit vous pouvez sortir », dans le ¼ d’heure la moitié de l’Europe était à poil dans les dunes de Tréguennec. On appelait ses amis pour les inviter à dîner, ils répondaient : « je peux pas, je suis à Tréguennec, j’aurais pas dû, là je suis entouré de 60 seniors qui ont brûlé leur Damart et avancent vers moi en s’écrasant du kouign-amann sur le corps, appelle le Raid ». Et depuis on s’est repris 10 mois de fermeture de tout, donc je pense qu’il ne faut plus jamais déconfiner parce que ça va être l’orgie, même à Lourdes les gens vont tout retirer aux cris de « Marie, avec nous ». 

Bref, le souci, c’est que les sexotouristes abîment la dune, mais aussi qu’ils perturbent les oiseaux, une ornithologue a même écrit au préfet, choquée de croiser des dizaines d’hommes nus, certains imitaient le cri du goéland argenté, elle les laissait approcher, après tout, des types caucasiens avec les cheveux gris, on dirait des goélands, Alain Bougrain-Dubourg s’est fait avoir des dizaines de fois comme ça, seulement ils finissaient par dire à l’ornithologue « hé bébé, tu viens souvent sur cette dune ? », et elle réalisait que ce n’étaient pas des goélands. 

Le maire de Tréguennec ajoute que ces dunes sont un coin où les oiseaux migrateurs, des oiseaux qui se grattent la moitié du corps, viennent se reposer, donc ça doit être calme, si vous choisissez de passer l’été dans une résidence senior Domitys de l’Allier et qu’une rave-party avec 20000 punks à chien + un punk à rat, le neveu d’Anne Hidalgo, s’installe à côté, vous êtes déstabilisé, bah là ces oiseaux c’est pareil. Et pardon, mais moi si je vais en Bretagne, je préfère voir des oiseaux que des types de 50 à 80 ans nus, si je veux voir un quinquagénaire sans fringues, je peux vous faire boire, Nagui un soir, vous tournez au thé vert, donc logiquement un panaché un peu lâche du point de vue de la limonade, vous dansez sur la table avec juste des chaussettes. 

Mieux, ces dunes de Tréguennec abritent, dit le maire, des espèces rares, tel le gravelot à collier, c’est un petit oiseau super, on dirait qu’il sourit, quand on le voit on ne pense pas à Martine Aubry. Donc là on est face à un choix : soit le gravelot à collier, soit le graveleux à gourmette.

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