On est bien sur France Inter...

Oui, Nagui, parce que cette radio est d’une élégance folle, on apprend des choses, moi je l’écoute depuis le début du confinement, bah je me suis renseigné, je vais avoir une équivalence Bac 5 à la sortie. Sur RMC, il y a des concours de rôts, sur Europe 1 Canteloup fait Ségolène Royal, on le sait parce que juste avant Julie dit « vous allez faire Ségolène Royal », sinon vous vous dites « ah là c’est Gérard Darmon » mais sur Inter, c’est feutré, aussi doux que les poils du dos de Benoit Hamon, qu’on lui caresserait en lui murmurant « moi j’y crois à ton revenu universel, ma grosse loute du 2.2 ». Hier, Anaïs Demoustier, dans cette émission, a déclaré, je cite « je n’écoute pas la radio, j’écoute France Inter », là elle nous écoute, en pyjacourt, elle se réveille, c’est une actrice, confinée en plus, donc le Benco avec les tartines, c’est à 14h. Ça équivaut à 7h pour les gens qui ne font pas de cinéma, par exemple Kev Adams.

Et hier, oh délectation, oh jouissance de l’intellect, oh bon goût absolu, j’ai écouté le 7/9, dans lequel Augustin Trapenard a une pastille. Trapenard, c’est cet homme beau, intelligent et intéressant, en fait, on dirait moi. Il lit des lettres de gens illustres qui racontent leur confinement, et hier c’était David Hockney, peintre, qui écrivait à Ruth Mackenzie, directrice artistique du théâtre du Chatelet, c’est Inter, il y a du niveau, on va pas lire une lettre de Polnareff disant à Obispo « enfoiré t’as copié ma voix, je vais t’enfoncer mes cheveux dans la gorge, c’est comme si t’avalais le balai à franges de ta mère, tu vas crever ». C’est Augustin Trapenard en personne qui lit les lettres, j’ai mis du temps à comprendre, pendant 2 semaines je me suis dit « tiens, c’est bizarre dans le monde du spectacle, ils ont tous la voix de Trapenard ». Pourquoi pas, à un moment à la télé, ils parlaient tous comme Fogiel, avec des han à la fin des phrases, « bah alors, han », « Alain Delon, vous êtes toujours vivant, han ». Bref.

David Hockney est confiné en Normandie, il aime le végétal, qu’il peint, vous le lâchez chez Jardiland avec un pinceau, vous pouvez le reprendre 4 ans plus tard, et il écrit à Ruth, le prénom qu’il ne faut pas avoir en temps de Covid 19 parce qu’on bave 50 cl de salive à chaque fois qu’on le dit, je cite Hockney « comme des idiots, nous avons perdu notre lien avec la nature ». Alors qu’en fait, non, prenez Michel Houellebecq, il y a des bolets qui lui poussent dessus. Et là j’ai réfléchi, l’effet Inter, pourquoi a-t-on perdu ce lien ? Et bien parce que depuis des temps immémoriaux, avant même Alain Duhamel, l’homme a voulu couper avec la nature. Il n’y a que maintenant qu’on en est séparés qu’on la trouve chouette, la nature, mais au Moyen-âge lâché seul en forêt, vous étiez l’apéro des loups. L’homme n’était un chipster. Pourquoi a-t-on créé le feu, pas pour cuire des merguez, parce que ça a donné naissance à la CGT, c’est malin, non, pour éloigner les tigres à dent de sabre. Vous voyez le prince William ? Bon bah c’est la même chose mais avec une fourrure chatoyante.

Bien sûr qu’on s’est coupé de la nature, parce qu’elle est hostile, moi je suis allergique au pollen, si je croise un arbre je me mets à tousser, si je croise un bonsaï je me mets à tousser un petit peu. J’éternue, je tousse, quand je sors promener mon chien, que j’ai appelé Daniel Morin par amour pour les haleines chargées, les gens font demi-tour. Si en plus je crie « vive Lénine », je finis de vider la rue, j’habite Levallois. Tout ça pour vous dire qu’on n’a pas perdu le lien avec la nature, on l’a coupé, de manière volontaire. Depuis toujours. A part Mike Horn, personne n’est fait pour vivre au milieu des fougères. Donc ok pour se reconnecter aux éléments, mais je vous préviens, moi je vais tousser.

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