Adieu poireaux, laitues et zadistes... Gérard Collomb a envoyé des CRS en renfort à Notre-Dame-Des-Landes.

Le suspens reste entier à propos du projet d’aéroport à Nantes. Oui, bientôt, le président Macron, notre beau bébé, va trancher. Comme d’habitude, il a pris sa décision il y a 8 ans en seulement 16 secondes et quoi qu’on dise il ne changera pas d’avis. Car il plus confiance en lui qu’un joueur de croquet bien gaulé qui réaliserait que nu il peut quand même jouer au croquet. Mais sa décision, on la connait pas, même si vous apportez un de ses cheveux au mage Babacar, Porte de la Chapelle, il arrive à dire qu’il voit un heureux événement, sans doute un 2ème bébé panda,... Mais sur l’aéroport, il est sec.

Il y a 2 possibilités : soit rénover l’actuel aéroport de Nantes, avec ce qui reste dans les caisses. Ça veut dire installer un distributeur de boissons chaudes devant le comptoir Ryan Air. Soit construire un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes, un bocage où vivent des canards, des souriceaux et des zadistes. Ces derniers diffèrent des souriceaux par le fait qu’ils ont plus de poils. Jean-Marc Ayrault, qui est nantais, comme le petit beurre sauf que lui n’a qu’un bout, défend le projet. Il est à fond, c’est-à dire qu’il ne baille qu’une fois au lieu de 10 par minute, et il met la pression sur le gouvernement, qui donc n’a rien senti.

Jean-Yves Le Drian, le breton mélancolique, le Miossec vieux, est pour aussi. Et également les habitants de Saint-Aignan-de-Grandlieu qui seraient pile sous le couloir aérien de la nouvelle piste si le vieil aéroport était rénové. Et pourtant avec le bruit, c’est l’opportunité de ne plus entendre son ado muer et de regarder du porno dans le salon sans alerter son épouse qui est dans la chambre.

Contre le nouvel aéroport, il y a les agriculteurs du coin, qui se sont fait exproprier. C’est comme une vente mais un peu forcée. A votre échelle, Nagui, c’est comme si un mec du Bon Coin sonnait chez vous et hurlait : Tu vas mettre en vente toutes tes fringues, mon salaud ! Puis il ouvrirait votre placard, verrait les fringues en question et dirait : Oh pardon ! avant de fuir. 

Contre le projet d’aéroport, il y a aussi le conseil scientifique de la biodiversité, qui gère les zones où vivent des bestioles, marais poitevin, sourcils de Fillon, ensemble du corps de Strauss-Kahn, pour qui construire là ce serait une aberration écologique. Et donc, les zadistes eux sont 300 sur le site, et sont souvent présentés par les néo-libéraux pétés de blé comme des gens crados puant le compost, rêvassant, tandis qu’ils fument un oinje de la taille d’Edouard Philippe, qu’ils tirent sur les ficelles du bonnet péruvien de Manu Chao avec les tétons durs. 24/24 à la télé, on entend des types dire : Oui, les zadistes sont sales alors que si on regarde, Christophe Barbier qui porte depuis 10 piges la même écharpe, c’est pas non plus la pub Minidoux. Là-dessus, il y a des postillons séchés de tous les politicards à qui il a causé. S’il la renifle il plonge dans le coma, il en ressort dans 24 ans.

Mais que vont devenir les zadistes ? Ils vont être évacués. Si l’aéroport se fait, parce que les gens voudront décoller pour aller à Dubaï se bronzer le croupion, et même s’il ne se fait pas, c’est une question de principe. Les gonzes ont créé une micro-société, basée sur le troc - je te donne un navet tu me donnes tes poux - et ça l’État ne peut pas l’admettre. Un bon citoyen c’est une personne qui va chez Leroy-Merlin le dimanche et qui achète Paris-Match pour voir en photo Brigitte en train de bouffer la galette des rois et des reines et du petit prince à la con. C’est pas un zigue sapé comme Christophe Maé qui rêve d’un monde plus juste. 

Moi qui suis un vil capitaliste, j’ai tenu 7 minutes sur le JT de la web TV de Mélenchon avant de saigner du nez, et ben je peux admettre que des gens puissent vivre en dehors du système. On est pas obligé d’avoir tous la même vie, le métro le matin avec les fumeurs de crack, le travail en open-space, ce qui est l’école des serial killers, et le soir à regarder The Wall sur TF1, avec des boules qui tombent de tout en haut jusqu’en bas, allégorie du parcours de Jean-Vincent Placé.

Mais Gérard Collomb, non, il veut pas pépère. Pas de zone de non-droit. Il y a des cités entières où les vendeurs de shit tiennent la baraque, on envoie un grand frère leur dire : C’est pas bien, la drogue c’est mal, allez au revoir, et là 200 zadistes qui regardent pousser des poireaux, il faut les dégager. Collomb va leur envoyer les CRS, mais s’il avait eu à dispo des soldats blancs à tête de Magimix de Star Wars, il les rameutait aussi. Il a quand même dit : On va évacuer les zadistes les plus radicaux. Il va y avoir un tri : une queue de cheval, la personne reste. Une queue de cheval + un bouc, la personne reste. Une queue de cheval + un bouc + un T-shirt avec la face du Che, la personne est évacuée vers l’Apple Store de Nantes, où lui sera remis un iPhone avec 10 rendez vous par jour déjà calés dans le calendrier, un à la section locale d’En Marche, un à celle du Medef, et les autres chez un relookeur qui les passera soit à la débroussailleuse soit au glyphosate pour les faire ressembler le plus possible à François Lenglet. 

Moi parfois je rêve de vivre à la campagne, de faire pousser des laitues, mais je réalise que vous comptez sur moi, Nagui, alors chaque jour je reviens booster votre émission. Je vis donc ce rêve par procuration, en pensant aux zadistes qui là-bas, à Nantes, n’en ont plus pour longtemps.      

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