La pollution numérique est une triste réalité. Dès qu’on se connecte à internet, on pollue, à cause des serveurs qui stockent les données, là par exemple, sur mon smartphone, je suis sur Europe1.fr, c’est une action humanitaire que je fais, et bien le climat vient de prendre 1 degré...

Tanguy, la mode aujourd’hui est à la lecture de vidéos en streaming. Et c’est pratique, parce que quand vous avez un enfant, ces êtres malfaisants à qui on doit l’existence des Kids United, vous pouvez le coucher, le border, lui dire « sois sage sinon je dis à Cédric Villani de venir avec ses vieux vêtements, ses cheveux sales et il va te manger », puis, une fois revenu au salon, qu’il soit 20h14 ou 21h02, 5h39 du matin pour le fils de David Guetta, qui s’est calé sur son père, vous démarrez votre série préférée. 

Alors que quand Albert Algoud était petit, c’était différent, déjà la télé, ça n’existait pas, et de toutes façons, les gens n’auraient pas pu en acheter, parce que la crise de 29 qui venait de se dérouler avait ruiné la population. Le soir venu, ces rustres faisaient l’amour à la bougie, au sens littéral du terme, les dames ayant vite compris qu’une bougie, c’était plus vaillant qu’un mari. 

Mais le sexe, c’est fini, depuis que Netflix nous abreuve de séries, et il n’y a même plus besoin de zapper, les épisodes s’enchainent tout seuls, un ami manchot me disait hier « fa a fangé ma vie », il parle comme ça parce que sa seule façon de tenir ses clés, c’est de les foutre dans sa bouche. Tout ce qu’on faisait d’autre avant, c’est terminé ; le tricot, terminé, si bien que les nouvelles générations d’enfants sont habillées normalement, nous nos mères, on leur demandait un pull avec un robot, 2 mois plus tard, sur le bide on avait un presse-purée, elles nous disaient « c’est un robot ». La lecture, terminée, les 6 derniers lecteurs sont enfermés dans la Grande Librairie de France 5 et ils se nourrissent des pellicules de François Busnel. 

Les soirées entre amis, terminées, parce que si vous avez vu tout Breaking Bad, à côté vos copains qui vous racontent leur week-end à l’ile d’Oléron, ça parait moins rock’n’roll que Jean-Yves Le Drian en pleine sieste.

Oui, tout ça appartient à l’ancien monde, désormais on regarde des séries, et on ne fait plus que ça, ce midi j’ai failli ne pas venir parce que je regarde The Crown, la série sur la reine Elizabeth II, qui comporte donc 130 saisons, 2 de moins que celle sur Jean-Pierre Elkabbach, elle est increvable, le prince William sera enterré depuis 8 ans qu’elle se décidera à commencer la capoeira. 

Mais le souci, c’est que comme toute activité humaine, le streaming génère de la pollution, et celle-là, elle est énorme, un épisode de la Fête à la Maison, c’est l’équivalent de toutes les vaches d’Auvergne qui flatulent. Un rapport dit que rien qu’en 2018, 300 millions de tonnes de CO2 ont été produits par la consommation de vidéos en ligne, donc à ceux qui regardent cette chronique en replay sur YouTube, je leur dis « vous êtes des criminels, c’est à cause de vous qu’on va tous y passer, qu’est-ce qui vous empêche de m’écouter en direct à midi 10 comme les vieux ? ». 

Le saviez-vous, les services de vidéo à la demande, Netflix, Amazon, rejettent autant de gaz à effet de serre que le Chili, il faut donc vite fermer ces services, remettre l’antenne râteau sur le toit de chez ta tante, et finir les restes de la veille devant Louis la Brocante, comme avant. C’était une vie nulle, qu’est-ce qu’on s’est ennuyé, c’est ça qui a poussé les gens à se tourner vers l’inceste ou les meetings de Debout la France, mais au moins, on ne polluait pas.

La suite à écouter et à retrouver en vidéo !

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