Tanguy Pastureau est aiguillephobe et rêve d’un vaccin nasal... Il nous en parle dans cette chronique.

Globalement, on parle trop de son sexe et pas assez de son nez. Il n’y a pas de blagues de nez, pas de films de nez, où on verrait un type un peu chaud se frotter le nez contre celui de quelqu’un, ou alors c’est un porno eskimo. Il y a deux personnes nues dans un igloo puis une bête fait mine d’entrer et il y en a une qui dit « it’s a phoque ». 

On a tous un nez, Liane Foly en a même eu deux, mais on ne s’en préoccupe pas. On passe sa vie à le vider sans y penser, sauf Benoît Magimel qui a rempli le sien. Avec, on sent les odeurs des gens dans le métro, donc on se met à haïr l’humanité, Saddam Hussein a pris une fois la ligne 13 à 18h à Paris lors de son année Erasmus, le 1er août 90, le lendemain il envahissait le Koweït. En hurlant. 

On vit dans une société qui méprise les odeurs, et pourtant, quel plaisir, quand Daniel Morin entre en studio, de sentir son déo au musc, mêlé à la moisissure des plumes de canard malade de sa doudoune sans manche, parce qu’on sait qu’il arrive et qu’il va nous faire rire. La plupart des odeurs, c’est ça, elles sont atroces mais suggèrent le plaisir, le fromage, ça pue, quand vous en avez au frigo, ça couvre toutes les autres odeurs, même celle de votre vieille mère morte que vous avez collée là pour continuer à toucher sa pension de retraite, mais sur une ardoise avec un coup de pinard, c’est divin.

Et puis on a tous des souvenirs liés à des odeurs, à chaque fois que je sens une odeur de pain au chocolat, ça me rappelle qu’avant d’avoir l’âge que j’ai, je pouvais en bouffer tous les jours et avoir des hanches parfaites. Mais là, à 47 ans, les deux barres, je les prends direct dans le cul, et j’ai conscience que cette phrase peut prêter à confusion. 

Le nez, on n’y prête pas attention, et pourtant, dans la lutte contre le Covid, il a une importance folle, déjà, sans nez, le masque ne tient pas. Et j’ai lu que l’institut Pasteur de Lille travaille, sauf là parce qu’ils écoutent ma chronique comme le reste du pays, sur un vaccin anti-Covid administrable par voie nasale. Et ça c’est mon rêve parce que j’ai une peur bleue des aiguilles, ça a commencé à l’âge de 6 ans quand j’ai vu quel type de pull arrivait à me tricoter ma mère en partant de deux pelotes Phildar de base. Elle a inventé Desigual. Tout ce qui est aiguille, ça me fait stresser, il y a 20 ans, il y avait une légende urbaine disant que sur les sièges au cinéma des gens mettaient des aiguilles infectées par le Sida, bah je pouvais plus entrer dans une salle. 20 ans avant le Covid, j’y allais déjà plus, c’est moi que Macron aurait dû mettre à la culture, j’ai des lacunes, mais vous m’auriez fait des post-its, Leïla, « Fassbinder n’est pas une marque de bière, Pasolini n’est pas une marque de pâtes ». Non, au cinéma, je n’arrivais pas à aller plus loin que la boutique de pop-corn, je restais là, bloqué devant, je disais « donnez-moi des Baff », une fois un vendeur m’a répondu « volontiers, mon salaud », en défaisant sa ceinture, Baff, faux-ami, c’est une marque de pop-corn. C’est trompeur parce que la seule soirée SM que j’ai faite, j’ai crié à un type en cuir « file-moi d’énormes baffes », il m’a apporté du pop-corn, en me disant « prends sur le dessus alors, puisqu’au fond du sachet, il y a tous les petits grains qui ont pas bien soufflé ».

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