Tanguy pense que l’avenir est au deepfake et il nous explique pourquoi

Hier soir, j’avais envie de rire, donc j’ai mis C’est Canteloup sur TF1, cette phrase a été prononcée en tout 2 fois, une fois maintenant par moi, et une fois un jour par Nicolas Canteloup. L’émission est présentée par Alessandra Sublet, qui est géniale parce que quoi que dise Canteloup, elle est morte de rire, Sublet c’est le meilleur public du monde, elle a plus ri que parlé, la personne la plus fun de France, même à l’enterrement de sa tante elle s’est mise à crier « allez zou, show must go on, on fait la chenille ». 

Pour éviter que les humoristes dépriment, faut rouvrir les théâtres, y mettre juste Alessandra Sublet, les laisser faire leur spectacle, ils ressortent et se disent « je suis le nouveau Dupont-Aignan ». J’ai pris le nom d’un humoriste que tout le monde connait. 

Ça faisait longtemps que j’avais pas regardé Canteloup parce que j’ai autre chose à faire, ça va j’ai une vie, d’habitude à cette heure-là je regarde la météo de la 2. Et donc je ne savais pas que Canteloup faisait appel à la technique du deepfake, c’est un trucage qui fait qu’on voit son corps, cette chose longue et dure qui ressemble à un coton-tige, ce qui est pratique parce que pendant l’amour il peut partir sur l’oreille et les narines des gens sans se faire remarquer, mais que sur sa face on met les traits de celui qu’il imite. 

Du coup, quand il fait Didier Raoult, on voit Raoult, puis Macron, puis Royal, mais plus lui, d’ici 2 ans il y aura plus personne qui le remettra et à TF1 quand il demandera à être augmenté, le boss lui dira « je sais pas qui t’es boloss, mais pour moi ce sera un court sans sucre, et pour M. Nagui, que nous recevons dans le cadre du mercato, un thé ». 

Le deepfake, c’est du numérique, ça remplace les 80h de maquillage que se tapait Patrick Sébastien pour se faire la tête de Gainsbourg ; alors que se faire la tête de Gainsbourg est simple, il suffit de ne jamais dormir et se nourrir uniquement de nicotine, tout en méprisant l’existence de la lingette pour toilette intime. Daniel Morin y arrive très bien, un coup de fond de teint pour le rajeunir, et hop, c’est Gainsbourg.

Et tenez, vous connaissez Plus Belle la Vie, le feuilleton de France 3 qui ne s’arrêtera que le jour de la fin du monde ? Et bah là aussi, on a utilisé le deepfake, pour pallier l’absence d’une actrice, Malika Alaoui, qui était cas contact Covid, en gros comme tout le monde, parce que ce virus a plus circulé qu’un vendeur de coke dans le 16ème. 

La production de PBLV, comme disent les fétichistes des majuscules, ces gens qui se caressent quand ils entendent un SOS, la prod a pris le visage de Malika, l’a collé sur la tête d’une autre comédienne, Laura Farrugia, et là, festival de la magie de Briançon 1972, Malika était là quand même. 

C’est-à-dire qu’elle peut se barrer en Patagonie sur les traces de Florent Pagny, il suffit de suivre les poils du bouc éparpillés le long du GR30, elle apparaitra quand même dans la série. 

C’est incroyable, il n’avait pas vu ça Jules Verne dans ses bouquins à la con, ah ça pour imaginer Tourcoing blindé de voitures qui volent il était là, mais le deepfake l’est passé à côté, Juju. 

Moi je pense que l’avenir est au deepfake, imaginez les applications : Nagui, au lieu de guérir du Covid, reste sur le carreau, le virus le transforme en légume, donc Hugo Clément tente de le manger, et bah, on prend un autre type au physique malingre, Lorant Deutsch ou Passepartout, on colle les yeux malicieux de notre loulou dessus, et on part sur 30 générations de maestros en access. Et si Delphine Ernotte, présidente de France Télé, veut plus de diversité, on met le visage de Nagui sur la tête d’un noir. 

Ensuite on lui retire les bras à la palette graphique et on a le quota de travailleurs handicapés. Et pareil au cinéma, prenez Dieudonné, qui est tricard partout, ce qui ne fait qu’alimenter son ressentiment envers le système, vous l’engagez sur la Vérité si je Mens 5, et à la place de sa tête on met celle de Gilbert Melki. Alors certes, il y aura peut-être une scène où on entendra Patrick Abitbol dire « Serge, tu crois pas qu’on est un peu nombreux en France », mais si à ce moment-là on fait entrer Enrico Macias qui chante, personne n’entendra ça.

La suite à écouter et à retrouver en vidéo !

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