Instagram est une calamité parce que des gens photographient des endroits superbes ça donne envie d’un coup à des millions d’autres d’y aller à leur tour, parce qu’avec les filtres, les types peuvent même vous donner envie de vous balader à l’aire du hérisson clamsé sur l’A13.

Instagram est l’application de tous les succès, c’est cette appli sur laquelle avant on mettait de temps en temps une photo de son chat, là j’y arrivais à peu près, et sur laquelle maintenant on envoie des films avec de la musique, la météo de son bled, certains humoristes écrivent même « swiper pour réserver », on promène son doigt vers le haut, et hop, on peut acheter des billets pour leur spectacle, alors que moi qui vit dans le passé, je suis plus ringard qu’un Rubix Cube manipulé par Robert Hue, quand on me dit « comment je fais pour réserver pour toi ? », je réponds « je sais pas, va à la FNAC », on me dit « la quoi ? », je réponds « la FNAC, là où il y a des disques », on me dit « des quoi ? », je réponds « non rien », et à la fin, dans ma salle, il n’y a que des vieux. 

Ce qui est très bien parce que la moitié ont des pertes de mémoire, ça me permet de revenir 15 fois par an dans certaines villes avec le même spectacle. Un peu comme ici, puisque personne n’a noté, mais cette blague, je l’avais déjà faite le 14 septembre 2017, le 8 février 2018, le 24 juin 2018, le 12 novembre 2019 et là. 

C’est l’avantage de travailler sur une radio où les gens sont vieillissants, chez Skyrock, ils sont obligés d’écrire tous les jours. Et une fois que vous avez demandé au groupe PNL « ça va, les frérots, bien ou bien ? » et qu’ils vous ont répondu « ouais, ça roule, justement, t’as pas des feuilles ? », bah vous êtes un peu sec pour la seconde interview.

Bref, Instagram, c’est sympa, mais ça ne sert à rien, on voit juste des gens banals tentant de nous faire croire, dans un désespoir total, que leur vie est top, là-dessus tout le monde sourit, même Michel Houellebecq, vous lui ouvrez un compte, 15 minutes plus tard il montre toutes ses dents, puis dès la 2nde photo, roule du boule dans sa chambre sur du reggaeton en hurlant « je suis la nouvelle Nicki Minaj ». Et certaines personnes, moins égocentrées que les autres, photographient des coins du monde, mais là, c’est pire, parce qu’elles font avec la Pologne ce que votre petite nièce Cindy, 12 ans, fait avec le filtre « Arlette Chabot » quand elle a envie de paraitre plus âgée afin de pécho des keums ardents, elles modifient les photos. 

Du coup, vous voyez une déchetterie en Moldavie, avec 15 filtres dessus, vous vous dites « c’est là que j’ai envie de passer mes RTT », avant de crier à votre conjoint « bébé, j’ai trouvé un vol aller pour la Moldavie, il y a pas de retour parce qu’en général l’avion s’écrase, à 4 euro 99, yes, comme on dit en moldave ». 

Et l’être humain, globalement, aime quelque chose après avoir constaté que les autres l’aiment aussi, à réellement apprécier Game of Thrones, ils sont 4, je suis désolé, mais des histoires d’inceste et de loups, vous allez dans les Vosges, vous lisez le journal local, vous avez la même chose. 

Mais comme tout le monde dit que Game of Thrones c’est génial, bah on aime aussi, ça fait un sujet de conversation au boulot, à part dans les locaux de Public Sénat où pour la pause café ils discutent des européennes. Résultat, certains lieux dont la photo a bien marché sur Instagram se retrouvent envahis de touristes, qui viennent pour photographier l’endroit, avec eux au 1er plan, ce qui gâche tout, puisque la nature est plus belle que nous, jamais personne ne ressemblera à l’aiguille creuse d’Etretat, ou alors quelqu’un qui s’est beaucoup trop gratté quand il avait la varicelle et maintenant a un trou au milieu.

La suite à écouter et à retrouver en vidéo !

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