Dans sa chronique qui maltraite l’info, Tanguy Pastureau nous parle de l’entreprise Uber qui a « ubérisé » jusqu’au principe du licenciement.

Nagui : Tanguy ! Vous allez nous parler de l’entreprise Uber… 

Tanguy Pastureau : Oui ! Hubert, souvenez-vous, il y a longtemps, c’était le prénom de votre oncle un peu lourd qui, dans un mariage, sortait des blagues parfois PAS racistes, ce qui fait que le seul côté un peu sulfureux qu’il y avait à assister à un mariage, tombait à l’eau. 

Puis en 2011, la société Uber arrive en France, le concept est simple comme « Bonjour, je te fais un bisou de loin », c’est comme « Simple comme bonjour » mais avec la distanciation sociale, c’est du VTC. 

En gros, c’est comme un taxi, dans la voiture on écoute RMC, moi à un moment j’en prenais pas mal, sur un an, j’ai plus entendu Jean-Jacques Bourdin que ma conjointe, je m’étais tellement habitué à lui qu’une nuit à 23h je me suis présenté chez lui, il m’a ouvert, il était nu… derrière j’ai vu Daniel Morin en peignoir, je lui ai dit « Ah bon, Daniel, toi aussi, tu prends beaucoup les VTC ? », il m’a répondu « Pas du tout, moi c’est par amour que je suis là », bref… 

Alors, Uber, au tout départ, c’était Hollywood, le chauffeur vous ouvrait la porte, costard-cravate, la bouteille d’eau à disposition, vous disiez « J’ai mal au dos », hop, un kiné sortait du coffre et vous tripotait. 

Puis très vite, ça s’est relâché, ça a fait comme la vie de couple, Uber, aujourd’hui les mecs conduisent en claquettes, avec un T-shirt Armani qui les boudine et disent du mal de Macron ! 

Alors, moi je leur réponds : « Attendez, je suis à France Inter, si je veux entendre du mal de Macron, j’écoute l’antenne ». Mais je dois avouer que ça fait pas mal de mois que je ne prends plus Uber, marre de voir des gens trimer 12 heures pour ramasser 14 euros, et pourtant je suis libéral, Nicolas Doze à côté de moi, c’est le sous-commandant Marcos qui chanterait Bella Ciao. 

Donc, fini Uber, je fais du vélo, juste pour qu’Anne Hidalgo me remarque et me refile un HLM de la Ville de Paris, parfois je tourne à vélo toute la journée devant la mairie.

Mais Uber, là, est revenu dans l’actu. Il y a quelques jours, la boîte a viré 3500 personnes dans le monde, au service client, ce sont ces gens qui, quelle que soit la société répondent au trentième appel, un jour elles décrochent et vous donnent un autre numéro à appeler pour le problème spécifique vous concernant. 

Michel Piccoli qui est décédé hier, ça faisait huit ans qu’il essayait de joindre le service client pour sa FreeBox, et avant, France Telecom. ça le faisait tenir, sinon, en 1987 c’était fini. 

Donc, la semaine dernière, Uber a demandé aux 3500 salariés de se connecter sur Zoom, ce truc de réunion par webcam où tout le monde est moche. Là, apparaît la responsable, qui déclare : « La crise sanitaire nous plombe, on est en train de suivre la même courbe que la carrière de Lorie. Pour vous tous, ça va s’arrêter là ». 

Il manquait juste Denis Brogniart qui, symboliquement, éteignait une torche, et c’était Koh Lanta ! La boss, en live, dit à 3500 personnes qu’elles sont au chômage, ça a duré trois minutes, elle a fait semblant d’être un peu émue, la voix chevrotante. 

on, en fait, elle devait penser au fait que pendant ce temps elle risquait de rater le rappel du service client Orange sollicité en 2014. 

En trois minutes, sur Zoom, on envoie 3500 personnes à Pôle Emploi ! il est pas beau, le monde d’après, celui où on prend soin les uns des autres, et on se roule dans des prés fleuris, ou dans des burritos géants pour les Mexicains ? 

Ça donne plus envie de gerber qu’une vidéo où Cédric Villani secouerait ses cheveux au-dessus d’une nappe blanche et on verrait les bestioles sautiller. 

Alors, j’espère juste une chose, c’est que quand Uber ira mieux, s’ils embauchent, ça se fera en trois minutes sur Zoom, sans CV ni entretien, juste « Bienvenue » puis « Fin de réunion ». 

Quelle boîte atroce. Je vais vous dire… on est quand même mieux à vélo.

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