Tanguy Pastureau en est certain : Jean Lassalle va nous relever psychologiquement, il agit mieux qu’un Lexomil, et on n’a même pas besoin de le mettre sous la langue.

Ah mon Dieu, ou ah mon que dalle pour les agnostiques, mais que l’époque est triste. Un an après le 1er confinement, on est encore là à devoir s’enfermer, on a la vie d’un slip à pompon acheté pour un enterrement de vie de garçon et qu’on a jamais ressorti du tiroir ensuite. Les étudiants sont déprimés, les seniors sont déprimés, Jean Castex n'a encore jamais souri, Keen-V, je pense, prépare un album de rock gothique et j’ai surpris mon fils de 6 ans en train d’écouter en livre audio "les Chants de Maldoror" le regard perdu sur la lande. 

Mais heureusement, l’espoir revient, mieux que le vaccin, lui ne vous pique pas, il vous pince juste les fesses à 3g en pleine Pitchouli, c’est Jean Lassalle. Jeannot la gnôle, le dernier fêtard de ce pays sous Xanax, le seul à ne pas avoir jeté son 45 tours du Gambadou de Patrick Sébastien. Avec Lassalle, les grincheux, on les prend, on les retourne et on les besogne avec des serpentins, jusqu’à ce qu’ils crient « pousse l’ananas et mouds le café ». 

Oui, notre héros du Béarn à la main calleuse, main qui fait trois fois la taille totale de Paul Mirabel, quand il vous met une gifle, vous finissez là-haut avec Thomas Pesquet et les dernières déclarations de Loana, se lance dans la course à la présidentielle. 

Et là je dis ouf, parce que le duel Macron – Le Pen, j’en ai moins envie que de me farcir une nouvelle blague de Marina Foïs au cours de la seule émission de la gauche radicale à rester dans l’empire Bolloré. Lassalle en lice pour l’Élysée, ce n’est pas une 1ère, en 2017 il avait fait 1,21% des voix, ce qui l’avait déçu parce que pour le symbole il voulait faire 8.6. 

Ce mardi, sur RTL, la radio qui a la même couleur que lui en fin de soirée, il a déclaré : « je n’ai jamais reçu autant de courrier disant "Monsieur Lassalle, faut que vous vous présentiez" », le problème, c’est que si on se met à croire ce que les gens écrivent on est mal barré, moi sous les vidéos de mes chroniques il y a parfois écrit : « Tanguy t’es le meilleur », bah j’arrive pas ici en superstar à dire à Nathalie Saint-Cricq : « Madame, vous allez vivre le climax de votre vie ». Je le pense, bien sûr, mais je ne le dis pas. Ne jamais croire ce que le public vous dit, c’est une règle, parce que, vous avez vu le public ? Pardon, mais esthétiquement c’est la cata, legging, doudoune sans manche, T-shirt avec écrit « je suis attachiante », mais en plus, les gens à 90% écoutent Vitaa et Slimane, à part les auditeurs d’Inter qui si on annonce un duo Juliette Armanet – Bertrand Belin font un AVC à cause du choc émotif. Le grand public, vous dites Suède, il répond « Abba », l’auditeur d’Inter, il répond : « Suède, Peter Von Poelh, j’ai adoré ses arrangements pour Vincent Delerm ».

Donc Jean Lassalle a cru le public, tant pis pour lui, mais tant mieux pour nous. Parce que Lassalle, c’est notre oncle ivre en fin de banquet, celui capable de dire à un cul de jatte : « allez, fais pas ta mijorée, pupuce, fais la chenille avec nous ». Donc il va nous relever psychologiquement, il agit mieux qu’un Lexomil, et on n’a même pas besoin de le mettre sous la langue. 

Oui, Lassalle propose pour 2022, je le cite, d’être le candidat de la joie, il dit : « le ciel s’assombrit, tout n’est que tristesse, stress, angoisse », ce qui est vrai, on est plombé, depuis un an le top de notre vie sociale c’est quand Siri nous parle, on demande : « dis Siri, qu’est-ce qu’il y a à faire aujourd’hui ? », elle répond : « rien ». Avant d’ajouter, dans un râle : « par pitié, débranche-moi, définitivement ». Et Lassalle ajoute : « ça débouche sur des rivières de sang qui emportent nos jeunes », c’est le seul béarnais qui en une phrase arrive à résumer l’ambiance de tous les polars nordiques. Et donc, face aux rivières de sang, qu’oppose-t-il, lui-même, Lassalle, c’est un pansement Urgo en plus collant, c’est le super-héros de la névrose, dès que quelqu’un chouine, il sort du trou où il vit avec des ratons-laveurs, prend sa cape en peau de bouc, vole jusqu’à la personne, et dit : « une blague de Toto, un pain tradition et de la tome, ça, ça va te relever, loulou ». Et là, au micro de RTL, alors que Thomas Sotto, pris par l’ambiance Lassalle, s’est mis à agiter son slip au bout d’un bâton, Lassalle a dit : « je veux que ce soit l’heure de la joie, comme en 98 quand on est champion du monde, comme à la Libération », alors, s’il faut se taper les nazis pendant cinq ans avant de ressentir de la joie, bof. Misons tout sur le foot, comme dirait Neymar quand il assiste à un match du PSG depuis la pelouse où il est allongé.

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