Tanguy Pastureau n'aime pas la fête de la musique, et explique pourquoi l'édition 2018 l'angoisse.

Ce soir, enfin, c'est la Fête de la Musique. Mais moi, je trouve ça atroce. Selon moi, la musique, c'est comme le porno, il ne devrait pas y avoir de catégorie amateur. Ras-le-bol d'entendre des reprises des Guns par des mecs qui ont une scie à bûches à la place de la glotte, de me taper des podiums de musique urbaine où des jeunes détruisent la langue française à tel point que dans sa tombe Molière s'est mis à l'espagnol, de me farcir des groupes de ska festif qui donnent envie de mettre fin au statut des intermittents et dire à Frédérick Sigrist "tant pis, tu feras pas tes heures, mais comprends-nous, pour un type super comme toi, il y a 15 bandes de zadistes en fûte de lin qui puent le chichon et jouent de l'accordéon". La fête de la musique, c'est l'apocalypse telle qu'annoncée par Nostradamus, en Afrique, les paysans dont les cultures sont ravagées par les sauterelles disent "on se plaint pas, ça pourrait être pire, on pourrait avoir la Fête de la Musique". Cette édition 2018 est particulièrement atroce. A côté 15 années de rediffs de la série Rex, ça parait gentillet. Exemple, à l'Elysée, la tannière de Macron, il y aura ce soir un concert électro avec des figures de la french touch. 20 ans après les Daft Punk ils s'y mettent. Je pense que bientôt ils vont découvrir le téléphone. Brigitte et Monsieur le Président de la République, parce qu'on ne peut plus l'appeler Manu, vont secouer leur boule sur la musique de Buzy P, Kavinsky, qui avait fait la musique du film Drive avec Ryan Gossling, où pendant 2h on voyait un gonze conduire à 20 à l'heure, c'était comme Taxi 6 si on avait légalisé le cannabis, et aussi Kiddy Smile et Chloé. Macron, il ose tout. D'habitude, à l'Elysée, c'est la garde républicaine qui joue du Vladimir Cosma, mais là, ça va dépoter. Avant minuit Gérard Collomb va breaker sur le dos, et donc restera coincé, alors on le mettra dans un vivarium avec des tortues, elles aussi bloquées les 4 pattes en l'air.

Mais ce n'est pas fini. France Inter, cette radio qui en m'accueillant s'est fait une nouvelle jeunesse, organise un concert à l'Olympia, avec Eddy de Pretto. Toute l'équipe de la Pitié Salpétrière sera là ensuite pour vous recoudre les veines, mais aussi Ben Harper, le blues man qui tient sa gratte sur ses genoux. Il avait essayé avec son chat mais on entendait juste un ronronnement et les gens pensaient que c'était un live de Carla Bruni quand elle force trop la voix. A l'Institut du Monde Arabe, ce soir, il y a de la musique arabe, ils se sont foulés, et j'ai une pensée pour Jack Lang, qui va crever d'envie de bouger son vieux corps à l'Elysée, sur de l'électro avec Castaner à poils, et qui est obligé, parce qu'il est le président de l'institut, de se farcir la nuit du raï. Il y a même un groupe de mélodie médiévale arabe, c'est comme dans les Visiteurs quand ça chante sauf que Jaquouille c'est Ahmed. Sinon au Parc de la Villette, il y a le podium Ricard, avec le groupe DBFC ainsi que les MNNQNS, donc déjà sûr dans la fosse il y aura Laurent Romejko des Chiffres et des lettres en train de hurler "consonne".

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