Les boites de nuit, c’était super, ces lieux où les filles pensaient qu’elles allaient passer la soirée à danser et où les mecs pensaient qu’ils allaient finir la soirée à faire l’amour. Il suffisait de savoir dire « un gin-tonic, Dominique », et on était le roi du coin bar.

Tous ici un jour nous sommes allés en boite de nuit parce que nous sommes âgés, Albert Algoud a même connu, dans sa jeunesse, les danses autour du feu au fond des grottes. La boite de nuit, c’était génial, on fumait, on dansait, et comme on fumait, le lendemain on avait tous la voix de Garou, même les filles, c’était le début de la question du genre. Il faisait chaud là-dedans, c’était moite, une personne sur 2 c’était de l’humus, on avait la nuque longue trempée, on aurait dit que des castors excités faisaient l’amour à notre cou. 

Donc on allait dans les toilettes se rafraîchir, mais là, c’était horrible, encore plus que le CV de Faudel, chez les filles, ça allait, c’était coquet, mais chez les mecs, c’était atroce, il y en a pas un qui pissait dedans, il fallait remonter le fleuve d’urine à la nage, tels des saumons qui auraient confondu leur rivière et un Ephad, pour arriver jusqu’au lavabo, là vous tourniez le truc, l’eau était chaude. Oui, chaude, parce que les gérants voulaient qu’on consomme, du gin to, du Malibu coco, du Bailey’s pour les esthètes, ces gens précieux qui ne dansaient que sur « Dont’ go » de Yazoo parce qu’ils faisaient partie de la vague des néoromantiques. Donc on buvait, du JB avec du coca, et plus on buvait moins on avait de retenue, le DJ lançait un Claude Barzotti, on y allait quand même, la dignité, on la laissait aux vestiaires, avec son bomber. 

Et malgré ça, on roulait des pelles, des pelles des années 80, d’avant Tinder, on savait que la personne n’avait pas de bouton next, qu’elle n’avait pas le choix, c’était soit nous soit l’onanisme, donc c’était pas des pelles, c’était des tractopelles, on foutait la langue entière au fond de la glotte, à la Haroun Tazieff, une fois j’ai même ramené un bout de chou-fleur qui flottait en haut du colon, c’était en Bretagne, dans l’Aubrac, j’aurais remonté de l’aligot.

Il ne faut pas se leurrer, tous les gens nés à partir de 75 ont été conçus à 4 grammes à l’arrière d’une boite, parce qu’on y allait pour ça, pas pour danser, personne n’aime danser, à Danse avec les Stars, vous proposez à la star, donc soit un youtubeur followé par sa sœur soit un type qui a fait une apparition de 4 secondes dans le feuilleton de TF1 avec Ingrid Chauvin, de danser ou de chiller en slip avec des chipsters, elle va choisir les chipsters. 

Depuis toujours, si on danse, c’est pour trouver sa moitié, comme disent les bouchers bigleus qui ont confondu les rognons de veau avec leur femme. A la cour de Louis 14, vous ne dansiez pas le menuet en collant avec la perruque de Polnareff et la canne de Gérard Collomb pour le fun, c’était pour pécho, comme on dit à TPMP, et faire des gosses, parce qu’en plus sur 12, à passer le cap des 18 mois ils étaient 3, à partir d’un seul enfant, les gens avaient la carte famille nombreuse. 

Bref, la boite de nuit, ça a repeuplé la France, parce qu’à l’époque, il n’y avait pas d’accès au X, en 2019 vous tapez sur Google mamie, vous n’avez pas le temps d’écrire Nova, qu’on vous dirige vers la partie milf de Pornhub alors que vous cherchiez juste à connaître la composition des yaourts. Mais en 86, il n’y avait pas de X à volonté, Samantha Fox qui montrait un téton c’était le maximum, les mecs se branchaient le mercredi sur la 3, les questions à l’Assemblée, et se caressaient en matant les jambes d’Elisabeth Guigou, moi Raymond Barre qui pionçait, il m’est arrivé de le trouver lascif. J’ai failli devenir centriste à cause de ma libido, allez expliquer ça à un psy, vous.

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