Benoît Hamon a le blues. Avant même les résultats des élections dimanche, il est abattu, a les oreilles basses, comme un cocker, s’il passe comme ça devant la Madrague, Brigitte Bardot va lui préparer une gamelle.

L’humoriste, globalement, est une ordure. Moi en particulier, parce que je m’acharne sur des personnes. Prenez Eddy de Pretto, ce chanteur triste qui ne demande qu’à être aimé, c’est pour ça qu’il chouine, pour qu’on lui dise « Bébé, t’es moins jouasse qu’un bilan sanguin, mais viens, on va se consoler ensemble en se mouchant l’un l’autre dans notre haut de survête ». Que pense-t-il quand, à l’écoute de France Inter, il tombe sur un moment où je me moque de lui, c’est-à-dire trop souvent ? Il doit être brisé, telle une pâte à tarte, à tel point que ses proches le recouvrent certainement de quetsches avec une base de Confipote. 

De même, Arielle Dombasle, dont j’ai dit ici qu’elle était plus con qu’une fraise, ce qui m’a valu des menaces de mort émanant de la mairie de Plougastel, mérite-t-elle vraiment ça ? Non, elle se tape déjà toute la journée Bernard-Henri Lévy, le vieux beau à grosse mèche, qui, quand elle lui dit « Viens dans la piscine, chéri », répond « Non, je préfère rester sur le bord, au moins je me vois dans l’eau ». Sa vie est dure, et moi j’en rajoute. L’humoriste est un déchet humain, symptôme d’une société malade, parce que si tout allait bien, les gens ne payeraient pas 40 euros, ou 70 pour les Bodin’s parce qu’il faut nourrir les bêtes, pour voir un type qui tente de les faire marrer. Non, le samedi soir, ils resteraient chez eux devant un DVD de Michael Haneke dans lequel Isabelle Huppert se tranche les veines en écoutant le requiem allemand de Brahms joué à la flûte à bec par son neveu cul-de-jatte. Si les gens étaient heureux, ils survivraient à ça. 

Mais non, ils ont besoin de nous, les humoristes, qui défonçons des innocents pour le plaisir, quand je pense au mal qu’a fait Daniel Morin aux Balkany, de courageux entrepreneurs qui ont investi aussi bien à Marrakech que sur l’île de Saint-Martin, au point que la chaîne Voyage diffuse leur portrait derrière de vieux épisodes de « J’ai dormir chez vous », le programme sur les Balkany, ça s’appelle « J’ai dormir chez moi », j’ai envie de dire que Daniel est comme moi, une crevure, lui de gauche, moi moins.

Parce qu’il y a une troisième personne dont je me moque, Benoît Hamon, je passe ma vie à dire qu’il est aussi seul que François Lenglet dans le show-room Franck Provost. Alors même que Hamon ne fait de mal à personne, on le voit peu, quand France 2 l’invite à l’Émission Politique, ils le font passer en seizième partie d’émission, à 2h45 du matin, il n’y a que les zonards qui rentrent chez eux défoncés qui le voient, chez les gens de la night il est à 80% d’intentions de vote. Les filles qui font du pole-dance, quand elles veulent avoir l’air salace, imaginent que leur barre, c’est Hamon. 

Et pourtant il a 2-3 idées originales, le revenu universel, par exemple, le fait que tout individu juste parce qu’il existe a le droit d’avoir un peu d’argent pour subsister, certes potentiellement, c’est la fin de la java bleue, parce que les joueurs d’accordéon qui n’ont qu’une main ne vont plus aller dans le métro pour gagner 40 balles la journée, mais c’est novateur. Hamon souhaite aussi taxer les robots, normal, ils volent nos jobs, ces enfoirés, et personne ne dit rien ! Pour ma génération, ça se voyait déjà dans Ulysse 31. Ulysse, il était noyé sous les charges, l’URSAFF, il n’arrivait plus à embaucher de compagnons, mais Nono le petit robot, lui, il était cool, il dansait, « Tu veux un petit clou », tranquille. Et bien malgré ces propositions qui placent Benoît Hamon dans la posture du candidat du 23e siècle, sa liste aux européennes ne décolle pas.

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