On passe sa vie à juger les autres...

Oui, Nagui, ainsi, moi, avant d'arriver à France Inter il y a un an et demi, je m'étais dit "mon dieu, des gens de gauche, ils vont être pro-migrants, pro-sans papiers, pro-environnement, contre la pêche intensive, donc pro-thons", c'est pour ça que je portais des T-shirts I love Mussolini, par réaction. 

Vous croyez que ça m'a fait plaisir, les 3 premiers mois, d'encenser Laurent Wauquiez, alors que le seul truc qu'il sait faire, c'est mannequin poivre et sel pour les parkas Guy Cotten ? J'étais dans le jugement, puis j'ai réalisé qu'il y avait aussi des gens de droite sur l'antenne, comme euh… Gérard Larcher quand il est invité sur la matinale, il est à droite, sauf quand il y a un buffet campagnard, où il est aussi à gauche et au milieu. 

Le regard qu'on porte sur l'autre, il est souvent négatif, parce qu'on lui reproche de ne pas être ce qu'on est nous. Quand Macron dit à un jeune chômeur "bouge toi un peu le uque, mon couillon, parce que sinon je t'inscris d'office au djihad et demain t'as un vol pour Alep", il le fait parce que lui-même est suractif, Hollande, à un chômeur, dirait "je te comprends, man, moi non plus j'ai rien glandé et là je suis à la cool à Tulle à fumer des oinjes tandis que je me caresse en pensant à Julie", Hollande c'est le 1er rasta blanc sans dreadlocks qu'on ait eu comme président. 

On juge en fonction de ce qu'on est, par exemple Olivier Marchal, ancien flic qui en a croisé, des durs à cuire, si quelqu'un dans le public nous menace avec un objet contondant, comme un sonotone ou un petit pot de capsules de DHEA, il se dira "mais c'est quoi ce loufiat, j'm'en vais l'attacher au radiateur et lui ravager la face avec le botin de 1979 de la Seine-et-Marne", j'en suis resté à une vision surannée du gangster, je n'ai encore intégré ni le parcours de Cahuzac ni celui de Carlos Ghosn. Mais prenez Catherine Ceylac, de Thé ou Café, qui arrête dans 10 jours, pour elle un retard d'une heure dans la livraison des capsules Nespresso, ça la détruit, parce qu'elle n'est pas faite comme Marchal, donc quand Nicolas Bedos lui dit "ouais, j'ai trimé dans la vie, ça a pas été facile tous les jours", elle acquiese en pleurant.

Donc on juge selon notre vécu, notre sensibilité, qui font que nous sommes différents, le seul point commun qu'on a tous ici est qu'on se fait blanchir les dents l'été parce qu'en septembre on passe à la télé, à part Daniel Morin qui ne fait pas de télé donc il peut aussi bien se les peindre en bleu-blanc-rouge et ensuite quand il croise Marine Le Pen dans l'ascenseur à la fin de la matinale, elle lui dit "rejoins-nous, mon loup, le seul comique qu'on a réussi à retourner, c'est Jean Roucas". 

Nous sommes différent mais on vaut tous pareil, on a droit au respect par exemple, ce truc qu'on offre à Teddy Riner dès lors qu'il fronce le sourcil droit. Qui sommes-nous pour juger les gays, leur taper dessus, tous les jours c'est agression sur agression, mais être gay c'est pas si loin que ça qu'être hétéro, à part qu'on n'en a rien à foutre de la publicité Aubade depuis 25 ans si on est un homme. Un corps, c'est un corps, les seins des femmes c'est pas non la plus grande invention de tous les temps, en gros il y a 4-5 modèles, si c'était si passionnant que ça, on n'aurait pas lancé Netflix pour occuper nos soirées. 

La suite à écouter et à retrouver en vidéo !

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