Dans cette chronique qui maltraite l'info, Tanguy Pastureau nous parle d'une polémique autour de la Symphonie n°5 de Beethoven...

Je vais vous parler ce midi de musique classique, cette musique qui ressemble à ce que fait Christophe Maé, mais sans paroles, avec plus de violon et des vêtements normaux. Du classique, on en entend sur Radio Classique, on y entend aussi Guillaume Durand, pour les distinguer, Guillaume Durand, c’est celui qui ne fait pas « tin tin tin tin tin », mais « bonjour à tous, il est 8h15 ». 

Alors je ne vais pas jouer les esthètes, le classique je n’y connais rien, quand on me parle de Beethoven, le 1er truc auquel je pense c’est au film avec le gros chien. Nathalie Baye qui est dans le cinéma doit connaître, c’est un excellent film de 1992, grande année pour le cinéma, puisque sont aussi sortis en 92 "Arrête ou ma mère va tirer" et "Les blancs ne savent pas sauter". Pourquoi le chien s’appelle-t-il Beethoven dans le film, vous le savez, Mme Baye, c’est parce qu’il a aboyé en entendant la Symphonie n°5 de Beethoven, donc si dans le scénar la famille Newton avait écouté Chérie FM, le clebs se serait appelé Patricia Kaas. 

Bref, Beethoven, vous l’aurez compris, c’est aussi un compositeur classique né à Bonn en 1770, le 15 ou le 16 janvier, on ne sait pas exactement, on se rappelle juste qu’Evelyne Dhéliat le 14 avait annoncé un temps maussade pour le week-end, et mort à Vienne en 1827. Il n’a vécu que 56 ans, alors qu’André Rieu est toujours vivant, il en a 71, pour vous dire à quel point l’existence est injuste, c’est une chienne. Ou une gerbille, pour ceux qui préfèrent les rongeurs.

Donc là je sais ce que vous vous dites, vous vous dites : « j’ai faim, heureusement c’est bientôt l’heure de dej », d’accord, mais vous vous dites aussi « Beethoven, en voilà un monument de la culture, il est indétrônable, 200 ans plus tard on l’écoute encore ». Sauf qu’aux États-Unis, le pays des gobelets pouvant contenir 16 litres de Coca, il y a une polémique autour de Beethoven. C’est le magazine "Diapason", le journal de ceux qui n’ont rien à foutre d’Amel Bent, qui révèle l’affaire. Une musicologue américaine a écrit un article pour un média en ligne sur le classique, et elle explique que Beethoven est le symbole de la supériorité de l’homme blanc et riche, exemple d’homme blanc et riche : George Clooney, exemple d’homme riche mais pas blanc : Donald Trump. 

Et elle vise plus précisément la Symphonie n°5, qui fait « pa pa pa pa…. », en général on l’entend dans les pubs pour Guerlain ou Dior, il y a une femme nue qui court dans les couloirs de l’Opéra Garnier, la nuit, puis elle tombe nez à nez sur une panthère. Ensuite il y a un slogan « Poison d’amour, élixir passion, the night belongs to you », toujours mettre de l’anglais, ça fait glamour, s’ils prenaient Mimie Mathy qui dit « achète ça mon gars, et tu vas pas sentir la crotte », on aurait moins envie de claquer 150 boules pour un flacon. 

La Symphonie n°5, en quoi est-elle représentative de la domination du riche blanc, et bien, dit Nate Sloan, le musicologue, dans sa structure même, parce qu’il y a des montées et des descentes, cette symphonie, ça ressemble à la route nationale 417 dans les Vosges. Ce qui fait qu’au moment où la musique se fait plus douce, il faut se taire, on ne doit pas tousser, ni applaudir, ni hurler « Riton, tu nous remets la petite sœur », et ça, ça exclurait, je cite Nate Sloan, les femmes, les personnes LGBTQ+, c’est de plus en plus long, chaque mois on leur ajoute une lettre, et les noirs. Je ne sais pas, dans la tête de ce monsieur, il n’y a que les riches blancs qui sauraient se taire, alors que c’est faux, regardez Daniel Morin, toutes les 10 secondes il sort une vanne. 

En fait, ce que dit Nate, c’est que la Symphonie n°5 a instauré des codes bourgeois, un peu prout-prout, et c’est vrai qu’en l’écoutant, on visualise plus Édouard Balladur en pantalon à pinces qu’un jeune du Jamel Comedy Club en survêt qui pend. 

Il y a des codes dans le classique, c’est plus ouvert qu’avant : vous venez en baskets on ne vous mettra pas dehors, mas c’est vrai que si à la fin du concert vous faites « po po po po po », ce sera mal vu. Mais tous les univers artistiques ont leurs codes, si vous faites une soirée zouk love en costume bavarois, ça va casser l’ambiance, j’ai un ami qui est venu au diner du Crif avec un T-shirt du Rassemblement National, Marek Halter l’a attrapé, lui a collé la tête dans sa barbe, et il est mort par étouffement.

La suite à écouter et à retrouver en vidéo !

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