L’homme aura donc attendu 2019 pour créer l’aspirateur qui hurle. C’est un développeur informatique qui a équipé son aspi tout nul d’un capteur, et à chaque fois que l’engin tape dans une commode, il crie de douleur. A fonctionnalités comparées, ça ne sert donc plus à rien d’avoir un conjoint...

Nous sommes entourés d’objets sans âme. Prenez une table, ce meuble sur lequel Brigitte Macron dépose un saladier contenant 2 tomates en rondelles et 7 feuilles de laitue avant de dire à son mari « mon p’tit bout d’amour, ça c’est ton dej, moi je vais prendre un radis sans sel parce que c’est fête ». 

Bon bah c’est con, une table, ça sert juste à manger, ou à faire l’amour dessus si on est en début de relation et qu’on est tout fou, 15 jours après on le fait au lit, un mois après on ne le fait plus. Seul Cyril Lignac au début ne fait pas l’amour sur sa table parce que ça lui rappelle le taff, il risque de confondre et planter une fourchette à poisson dans sa partenaire, si la personne est un peu refaite, le collagène vous gicle dessus, à la fin on a la même tronche qu’un nouveau-né qui se débat avec le reste de placenta de sa reum. 

Bref, les objets sont nuls, mais on en achète quand même, car nos vies sont vides, 2019 n’a aucun sens, donc on accumule, guéridon, lave-vaisselle, pot de fleurs, atelier des Pyjamasques s’il y a 3 ans ½ on n’a pas mis de capote. Et pour autant, on n’est pas jouasse, parce qu’il manque une chose primordiale aux objets, qu’il manquait aussi à Slobodan Milosevic : une âme. 

Pardon, mais avec un canapé, on discute peu, ou alors c’est qu’on a vraiment un problème, c’est pourquoi en général on discute avec le professionnel assis au bout du canapé, et qui à la fin de l’heure, quand vous avez bien pourri votre père, vous dit « voilà, ça fera 140 euros, la semaine prochaine, on parle de cet oncle qui, non, n’avait pas à se mettre tout nu devant la télé quand à 12 ans vous regardiez la 5, Supercopter, c’était censé être une série, pas un mouvement du bassin au sein de la famille ». 

Or, le souci, c’est que les gens ne se rencontrent plus, à Paris, la moitié d’entre nous est célibataire et n’a personne avec qui partager cette haine d’Anne Hidalgo.

C’est pourquoi un jeune développeur informatique a créé l’aspirateur qui parle, c’est-à-dire qu’il avait un de ces aspis ronds qui nettoient tout seul, alors que pour 6 euros de l’heure vous avez une philippine sans-papiers qui le fait aussi bien, mais si vous êtes raciste, vous vous tournerez vers un aspirateur comme ça. 

Il n’y a pas plus bête que ces engins, parfois ils tapent 700 fois une commode avant de penser à faire demi-tour, je pense que quand Doc Gynéco a passé son permis, ça donnait à peu près ça, sauf que lui ne nettoie pas, au contraire, il laisse des petits bouts de carton partout. C’est le Petit Poucet de la beuh. Donc Michael Reeves, le jeune type, a installé un capteur sur son aspi, ainsi qu’un haut-parleur, et quand le truc se cogne, il hurle de douleur, on a l’impression d’entendre les Kids United avant retouche de leurs voix sur le logiciel Pro Tools. Mieux, il lui fait dire des insanités, « motherfucker », « oh shit » ou « Donald Trump » si on est mexicain et qu’on n’a pas la patate nécessaire pour sauter les 16 mètres de barbelés qui mènent vers la richesse et l’obésité. 

Cet aspirateur est presque humain, parce que nous non plus, quand on se cogne, on n’est pas là à dire « zut, j’ai mal », à ce moment-là, même Stéphane Bern hurle des trucs comme « ah, putain de Marie Antoinette de bordel », avant de dire à Lorant Deutsch « bébé, j’ai fauté, punis-moi, traite-moi de républicain ». Et du coup, un aspirateur qui crie quand il a mal génère en nous de l’empathie, moi si un jour j’en ai un, à la première douleur je l’invite au Flunch pour le consoler.

La suite à écouter et à retrouver en vidéo !

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