Tanguy, est un grand romantique

Oui, je joue les cyniques comme ça, histoire de me donner un genre, mais au fond, je suis constitué à 80% de guimauve, je suis une sorte d’ourson en chocolat, chez Jeff Debruge, les gens me lèchent. Et je fonds surtout pour les bébés animaux, par exemple les chats je m’en tape, un chat ça mange et ça dort, donc autant avoir un homme, mais les chatons, c’est si mignon. Quand vous avez un chaton, vous oubliez qu’il fait ses besoins sur la moquette, parce qu’il est beau, c’est pareil pour les bébés, un beau bébé, il vous vomit dessus, vous dites « voilà un moment de vie authentique, ça me rappelle mon année en Erasmus », mais un bébé moche, on a envie de lui crier « ah oui Enzo, bah tu sais quoi, c’est toi qui va laver ma chemise, oui tu as 7 mois, et alors, à cet âge-là, un philippin, il est déjà chef de chantier, là-bas le président a 4 ans ½ ».

Et je ne sais pas si vous avez vu, Nagui, depuis votre lieu de confinement, il est 23h chez vous puisque vous êtes aux Maldives, la suite Bernard Madoff du Palm Beach, mais ici à Paris, on a aperçu des renardeaux. Le renardeau n’est pas un renard qui vit à l’île de Ré et en profite pour se baigner avec l’auditeur de gauche de France Inter, c’est le petit du renard. Ils ont été vus au Père Lachaise, le cimetière des VIP, tout le monde est là, Molière, Gilbert Bécaud, Tatayet et la carrière de Jean-Christophe Cambadélis. Le Père Lachaise, en ce moment, est fermé, d’ailleurs l’ensemble des morts a plutôt respecté le confinement. Et donc la nature reprend ses droits, les pigeons s’éclatent, les rats dansent, il y a un crapaud qui mixe, c’est Jean de la Fontaine version Ibiza. En fait, au Père Lachaise, il reste un homme, un seul, le conservateur du cimetière, appelons-le Jean-Afida-Elie-Binta, histoire de faire une chronique inclusive.

Donc Jean-Afida-Elie-Binta, en se promenant, a découvert des renardeaux, tout petits, tout mignons, les yeux écarquillés par la découverte du monde, tel Jacques Attali si une femme au restaurant venait lui dire à quel point elle aime la manière dont il tente de recomposer la social-démocratie. Les photos, ensuite, ont été publiées sur internet, ce vaste lieu où les gens se haïssent, et ça a été comme une avalanche de tendresse qui s’est abattue sur nos vies. Jamais je n’ai eu autant besoin d’un câlin, un gros câlin, dans ma tête il y a deux entités, Zelimkhan, un mercenaire tchétchène, et Piccu, un personnage très tendre fait en chaussette, et bien les renardeaux ont tué Zelimkhan. Nagui, vous êtes adorable, mais si un renardeau me propose de le rejoindre la saison prochaine, je me barre.

Et là je m’adresse à l’auditeur et trice d’Inter, faites le test, montrez à votre conjoint la photo des renardeaux du Père Lachaise, s’il ne pleure pas d’émotion, quittez-le. La vie est trop courte pour être vécue à côté de quelqu’un qui n’est pas ému par un renardeau. Même Kim Jong-un les aime, d’ailleurs, il en porte un sur la tête. Et là, je pense au 11 mai, ce jour funeste où l’être humain, cette ordure, va à nouveau prendre toute la place, que vont devenir les renardeaux ? Les bébés dauphins qui nagent au large de Marseille, certain de ne pas croiser Jul sur une plage en train de rapper ? Les bébés tortues nées sur les plages du monde entier, et qui vont en être chassés par des connards en claquettes ? Que vont devenir la tendresse, l’innocence, la candeur, face au productivisme retrouvé ?  

Bébé renard, sache que je t’aime. Et quant à nous, mettons des capotes, parce que nos bébés, esthétiquement, ne valent pas la moitié de la queue d’un renardeau.

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