Olivier Besancenot s'est dit "choqué" par la Une de "Charlie Hebdo", et celle du Point avec Erdogan a provoqué un tollé. Tanguy Pastureau parle de la liberté de la presse.

Je vais vous parler de liberté de la presse. Parce que ce qui est fatigant avec la liberté de la presse, c'est qu'on se dit "c'est bon, on a lutté, on l'a obtenue, youpi, maintenant on se pose", mais qu'en fait, rien n'est jamais acquis. Comme dans le couple, alors qu'on devrait pouvoir dire à son conjoint "bébé, on a testé tous les bars à tapas, on a eu un gosse, on a eu un chien, c'est la même chose en plus mignon, on a fait Dubaï pour le soleil, Amsterdam pour… la beauté des canaux, et Saint-Etienne parce qu'il y a ta mère, maintenant tu m'excuses si je finis ma vie non épilée à mater Netflix".

La liberté de la presse, le principe est tout con

On est libre, on peut écrire ce qu'on veut, les gens font avec et s'ils sont pas jouasses ils peuvent se tailler en Arabie Saoudite où le blogueur Raif Badawi est en tôle depuis 6 ans juste pour avoir exprimé son désir de libéraliser le pays, chose que le prince héritier local d'ailleurs, a fait. Donc c'est absurde, le soir de la 1ère soirée mousse avec concours T-shirt mouillé à Riyad, l'autre sera toujours à la cantoche de la prison en train de bouffer sa Confipote. La liberté de la presse, ça veut dire que si un journaliste à C News veut parler d'une garde à vue de Vincent Bolloré, il en refère à son chef, qui lui dit "coco, vu qu'on est libre, tu peux mais veux-tu pas plutôt parler du soleil sur Paris, parce qu'au Trocadéro, il y a des gosses en slip qui se baignent dans les fontaines, c'est plus sympa à filmer qu'un vieux breton, ou alors prends Alan Stivell". L'autre répond "ok, du moment que je suis libre", et c'est dans la boîte.

Mais la liberté de la presse, elle reste coincée dans la gorge de certains, telle l'arête du 1% de poisson qui a réussi à se farcir toute la chaîne de production Findus avant de se planter dans le gosier du gosse.

Ainsi, vendredi, Olivier Besancenot était sur RTL, une radio rouge donc ça lui plait, quand soudain, il déclare "la une de Charlie Hebdo me choque"

Donc on se dit "flûte, le pauvre chaton, ils ont dû se moquer de lui, c'est pas sympa. Il est à terre, Poutou a fait 1,2% il y a un an, donc c'est comme de tirer au fusil de chasse sur un sanglier qui est déjà sous forme de terrine dans son pot". Mais en fait non, Charlie Hebdo titrait sur Maryam Pougetoux, la responsable de l'UNEF voilée, elle ça fait comme la petite Mennel de The Voice, un voile, on a parlé que d'elle, aujourd'hui c'est une star.

Moi si Jean-Vincent Placé veut revenir, je lui dis "Jean-Vincent, fais les choses en grand, tu mets un niqab, déjà les gens seront contents de plus te voir, et on parlera que de toi". Et Besancenot ajoute que la une de Charlie Hebdo est islamophobe. Il ne le pense pas, c'est du clientélisme. Pour sauver son parti, il tente de débaucher les musulmans. Si demain il mise sur les bouddhistes, que Charlie titre avec le dalaï-lama en légionnaire en train de draguer une chèvre et écrit "tiens voilà du Bouddha", il chouinera pareil.

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