Dans sa chronique, Tanguy Pastureau exprime et développe son avis sur la question du cinéma français.

Nagui : Bonjour Tanguy ? C’est vrai que vous aimez le cinéma, vous ?

Tanguy Pastureau : Ben… non, Nagui, pas trop... c’est pourquoi je souhaite que les salles ne rouvrent pas, déjà parce que les acteurs et actrices sont imbuvables, à part Alain Delon qui est humble et Juliette Binoche qui ose, elle, dire que les vaccins c’est une horreur, bah oui, parce que… ça pique ! Le cinéma, c’est grouillant de monde, ça pue le pop-corn bas de gamme, et à chaque séance on voit Gaspard Uliel, pendant les pubs. À part pour la femme de Kad Mérad, qui aime le cinéma, parce qu’ainsi elle a des nouvelles de lui, il est dans tous les films, même Kirikou, il paraît que ça été créé autour de son physique, ce qui n’est pas flatteur, le cinéma, ça ne sert à rien, à part enrichir des gens qui vont appeler à voter pour Macron avant, un mois plus tard, de le renier et dire qu’ils sont du côté du peuple.

Le seul truc que j’aime au cinéma, ce sont… les baisers, cet échange de bactéries assez infâme où une personne farfouille dans la bouche d’une autre personne, ce qui est inutile, puisqu’elle n’y trouve jamais ni ses clés ni son portable, ou alors si, si le boss de SFR a voulu faire un jeu un peu coquin avec sa femme. Le baiser de cinéma peut poser des soucis, quand une actrice végane siphonne avec la langue la dent creuse de Depardieu, elle se retrouve avec dans le gosier du pâté de tête et les ¾ d’un poulet. 

Mais bon, si on fait abstraction de ça, les baisers de cinéma, c’est beau, et dès que ça se produit, il y a une musique qui part ! vous, vous embrassez quelqu’un dans la rue, on entend juste des types en voiture derrière crier « Avance, enflure ! » ou « Oui, j’ai écrasé ce cycliste, rien de personnel, c’est par opposition à Anne Hidalgo ! ». Mais quand Ryan Gosling embrasse une dame, direct il y a du violon, on a l’impression que Renaud Capuçon se tient tapi dans un buisson, nu, et qu’il mate tout en jouant de son instrument, le violon, hein ! bref, c’est beau.

Seulement le Covid-19 a tout changé, maintenant un petit bisou peut mener à l’hôpital. Or ça y est, les plateaux de tournage ont rouvert, le cinéma français s’est remis en branle, à votre demande, Nagui, parce que sinon, à la rentrée, vous n’aurez plus d’invités ! un jour sur deux, on aura Michel Cymès venu dépanner. Au deuxième mois, on sera obligé d’inventer des maladies pour qu’il ait des choses à raconter. 

On appellera le marché de Wuhan pour leur dire « Écoutez, un ami m’a dit que le tapir avec une sauce à la mouette, c’est exquis ! vous devriez tester ». Il y a donc un risque à reprendre les tournages, parce que le virus circule encore, et dans ce cas, en France, quand il y a risque, que fait-on ?… On pond un rapport ! même si une météorite fonce vers nous, il y aura une administration quelconque qui sortira 200 pages dessus, et pour le ciné, c’est ce qu’a fait le CCHSCT, rien que le sigle, on sait que ça va être imbitable, c’est le Comité Central d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail des Productions Audiovisuelles et du Cinéma, on cite ce machin-là dans une chronique, la moitié du temps d’antenne est écoulée. 

Donc le CCHSCT a sorti 50 pages, en sept couleurs, avec plus de caractères spéciaux que sur le sarcophage de Ramsès II, pour dire qu’en cas de baiser, de scènes de foule ou de bagarre, il fallait carrément réécrire le scénario. C’est-à-dire qu’une histoire d’amour passionnelle, ça devient un film de potes de Philippe Lacheau, avec quatre super-copains qui se demandent pourquoi le cinquième a une cystite. 

Et les rares scènes de baiser autorisées, ça se fera sur la base du volontariat, avec prise de température préalable, qui ne sera pas à l’image, sinon ça ne fera rêver personne, à part Olivier Véran, qui dira « Voilà, ça, c’est une histoire d’amour ».

Donc attendez-vous, cette année, à voir 20 biopics sur François Bayou, l’histoire d’un homme seul dans une pièce, et plus un seul baiser de cinéma. C’est tout de même bien triste…

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