Avant être journaliste, ça semblait formidable...

Oui, quand j'étais petit, cette période bénie où on n'a rien à foutre à part tirer sur la queue du chat ou se faire faire une greffe du peau du visage à l'hôpital si jamais le chat l'a mal pris, ces bêtes ne sont pas aussi en demande que nous, je lisais Tintin, c'était un journaliste, et ça me faisait envie parce qu'en 24 albums, on l'a jamais vu écrire un papier, grosse feignasse Tintin, il a eu la même vie que Pénélope Fillon 50 ans plus tard à la Revue des Deux Mondes. Puis j'ai grandi et à la télé je voyais PPDA, qui d'année en année avait plus de cheveux, à la base c'était Kojak, à la fin s'il était monté sur scène à Kingston en hurlant "Jah rastafari", tout le monde aurait dit "purée, c'est Bob Marley". 

Journaliste, c'était prestigieux, moi en 85 je rêvais en regardant Alain Duhamel, puis en 86 j'ai découvert Samantha Fox et j'ai lâché Duhamel, parce que sur la tête il avait toujours une raie impeccable, mais que ce n'est plus celle-là qui m'intéressait. Ensuite le journalisme s'est perdu, c'est vite devenu que de l'image, sur LCI ils se sont mis à faire des couples de présentateurs mixtes, un vieux moche/une fille de 19 piges en décoletté, on avait l'impression de voir des riches en fin de vie qui se tapent de jeunes russes vendues par leurs parents pour pouvoir acheter des chips. 

Et aujourd'hui il y a des journalistes partout, BFM, C-News, Info, parfois Bayrou arrive en meeting, il dit "merci à tous d'être venus pour ce congrès du Modem", en fait en face de lui il y a que des journalistes qui filment son dernier fan, René, venu là parce que tout sa famille est morte dans un accident de bus et qu'il n'a plus personne d'autre à écouter.

Donc être journaliste naguère, c'était fabuleux, Rudyard Kiplyng, avant d'écrire le Livre de la jungle, bouquin sur la coupe d'Alain Souchon, était journaliste. Georges Clémenceau fût journaliste, c'est lui dont se réclame Manuel Valls, quand on passe près de la tombe de Clémenceau, il parait qu'on entend "non pas lui, je préfère encore être admiré par Estrosi". Et aujourd'hui Melissa Theuriau, Ophélie Meunier sont journalistes, mais aussi des gens au physique normal comme Jean-Michel Aphatie. 

Et c'est devenu plus facile de le devenir, regardez Christophe Barbier, il était mannequin aux Trois Suisses automne-hiver, les pages consacrées aux écharpes, et là le matin il est à BFM et il a pas changé, dès qu'il retire son écharpe, il y a plus personne qui le remet, parfois pour faire l'amour, il l'enlève, sa femme se met à hurler "mais enfin qui êtes-vous, dépêchez-vous, mon mari va revenir". Car le journaliste-star a un gimmick, un truc à lui, Barbier c'est l'écharpe, Delahousse la mêche, Arlette Chabot le fait d'avoir l'air prête à en finir avec la vie. Donc on devrait adorer ces gens, parce qu'on les voit à la télé, or ça fait rêver, la télé, moi à chaque fois que je vois Taratata, je rêve d'être un chanteur, quand je vois les Reines du Shopping, je rêve d'être une poufiasse. 

La suite à écouter et à retrouver en vidéo !

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