Une étude menée par des chercheurs américains et danois a révélé que l'impact de la pandémie serait moins important sur les personnes habituées à regarder des films de zombies... Tanguy nous en parle dans cette chronique.

Attention, si je vous dis « hhhrrr », ça vous fait penser à quoi ? 

Trois propositions : 

1- aux propos de Francis Lalanne 

2- aux chansons de Francis Lalanne 

3- au bruit que produit l’activité cérébrale de Francis Lalanne. 

Et bien, aucune de ces réponses n’est bonne, il s’agit du grognement d’un zombie, je le fais bien, hein, « hhhrrr », bon il faut dire que j’ai grandi en Bretagne et que c’est aussi le bruit qu’on fait quand on vomit, le samedi soir. Ou n’importe quel soir. 

Les zombies, comment vous dire ? 

Vous voyez Renaud, le chanteur ? Bon bah ce sont des créatures fictives qui ont l’air plus en forme et qui marchent moins en crabe. En général, le zombie est vêtu d’un pull troué, donc on a tendance à penser que c’est Alain Souchon qui descend les poubelles, mais très vite, il cherche à vous mordre, alors qu’Alain Souchon non car il est doux. Si c’est lui qui était Ministre des armées, au Mali on se battrait à coups de pichenettes. Un combat de MMA organisé par Souchon, ce serait deux types dans une cage qui jouent à "je te tiens par la barbichette" en caressant une peluche de poney. 

Alors Guillermo Guiz me demandait récemment : « moi j’habite en Belgique, donc comment reconnaître un zombie d’un être humain normal ? » c’est simple, le zombie cherche à t’infecter, pour que tout le monde devienne zombie, parce que le multiculturalisme il n’en a rien à foutre, c’est pour ça que si ça se trouve, Robert Ménard est un zombie. Peut-être que la nuit il se met au fond d'un trou dans le cimetière de Béziers, quatre ans qu’il bouffe des racines, il a la même vie que Nagui. 

Alors, me direz-vous, pourquoi est-ce que je parle des zombies ? Et bien déjà parce que je les ai toujours aimés, Jean-Marc Ayrault j’étais fan, j’ai même vu trois fois Pete Doherty sur scène, il faisait « hhhrrrr », avec de la bave sur les lèvres, on ne savait jamais si c’était une overdose ou une tempête force 12 à cause de l’écume. Une fois, dans la salle, j’ai appelé Marie-Pierre Planchon qui faisait la météo marine à Inter pour lui demander ce qu’elle en pensait. 

Les zombies, j’adore, le zombie parle peu, pas besoin de cuisiner parce que ce qu’il veut manger c’est toi, le programme télé il s’en fout, tu peux zapper sur Netflix pendant que lui relit Hamlet, il est indépendant. Le seul souci c’est qu’il est en putréfaction, comme Michel Houellebecq, donc il perd des bouts sur la moquette, un bras, une jambe, il vous dit qu’il va faire pipi, vous répondez : « ah non, c’est pas possible, c’est moi qui l’ai ».

Et hier, je suis tombé sur une étude de chercheurs américains et danois, ils ont interrogé 300 personnes habituées des films de zombies, c’est comme les films des frères Dardenne mais avec des gens moins usés par la vie, pour voir si l’impact de la pandémie de Covid était moins fort sur eux. Parce que moi qui regarde surtout "La Boum" en rediff sur la TNT, le Covid ça m’a mis un coup au moral, j’étais pas prêt, autant une épidémie de mononucléose, j’aurais pas été dépaysé, autant là, depuis un an, je me sens moins jouasse que Patrick Balkany quand il voit qu’il retombe dans l’anonymat, que même quand il passe devant le Palais de Justice on y dit plus bonjour. Et la conclusion de l’étude est sans appel, oui les gens qui bouffent du film de zombies se sentent bien psychologiquement, comme s’ils étaient préparés, ils ont fait du stock, chez eux ils ont une lance, ils ont déjà tué trois facteurs qui se râclaient la gorge en pensant que c’étaient des zombies, ce sont des warriors, à côté Poutine c’est l’âne Trotro qui boulotte une fougère. Oui, l’un des chercheurs explique que les fans des zombies n’ont pas été pris par surprise, et c’est fou parce que ça veut dire que ce qu’on regarde nous construit, Daniel Morin, par exemple, qui a vu pas mal de porno, demain si Jacquie et Michel viennent tourner ici dans le local de la CGT, en moins de deux, il n’aura plus sur lui que sa doudoune sans manche, cette fringue atroce qui le fait ressembler à un pneu neige, et il viendra se coller contre une syndicaliste avec la faucille tatouée sur une fesse et le marteau sur l’autre.

Et c’est vrai que quand on sort d’un film, on est galvanisés, quand on va voir "Fast & Furious" au ciné, on n'a pas trop envie de rouler à 30 en ville, moi je me souviens en 91, je suis allé voir le film "Madame Bovary" de Claude Chabrol, j’ai jamais eu autant envie de tromper un médecin de province. Je me souviens, je m’étais mis devant le centre médical, le 1er docteur qui est sorti, je m’étais mis à hurler « oui, je couche avec Jean-Pierre, mais c’est parce qu’il me fait rêver, pas comme toi, salaud ! », et bah, mine de rien, à la fin de ma période d’internement psychiatrique, je me sentais mieux. 

Les images ont un impact direct sur nous, prenez "le Jeu de la dame" sur Netflix, série portant sur les échecs, les ventes de jeux d’échec se sont envolées, Arsène Lupin, succès, résultat, tout le monde lit Lupin, il n’y a que "Game of Thrones" où là ça n’a pas marché, personne après l’avoir vu n’a fini à poil dans des peaux de bêtes avec un nain qui voit des dragons, ou alors Olivier Minne de Fort Boyard un jour où Passepartout était vraiment défoncé, mais c’est tout. On s’identifie à ce qu’on regarde, moi à un moment je regardais la série Rex, bah j’ai passé 4 mois à pisser dans des fourrés. Tous les jours je rapportais un bâton chez moi, à la fin de l’année, j’ai pu construire un abri de jardin. J’ai eu chaud, parce que si le héros, ça avait été un chat, j’aurais passé 20h par jour à somnoler, comme Jean-Yves Le Drian. Vous imaginez le temps perdu ?

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