La crise du coronavirus va marquer une génération

Bien sûr, parce qu’avant ça, qu’est-ce qui nous a marqué, tous ? OK, la séparation de Brad Pitt et Jennifer Aniston, mais ça fait 15 ans. Là on a la plus grosse crise sanitaire depuis la tecktonik, qui avait été à l’origine de 6000 fractures de l’omoplate, c’est massif, souvenons qu’avant, une vidéo du pénis de Benjamin Griveaux, ça nous occupait pendant 10 jours. Je ne sais pas si après, on continuera à se passionner pour ces bêtises, mais je pense que si Jean-Yves Le Drian déambule nu dans Lorient avec un drapeau breton dans les fesses, même France Bleu Breizh Izel ne se déplacera pas. Si on sort de tout ça et qu’on continue à s’intéresser à Afida Turner, ce sera le signe de l’infériorité de l’être humain sur l’enclume et la pustule. 

Le coronavirus marque tellement l’époque que des parents ont baptisé leur bébé Covid-Marie, si ça avait été un garçon, il se serait appelé Jean-Chloroquine. Ca se passe aux Philippines, ce pays super du point de vue des entrepreneurs puisque le salaire journalier est d’un Balisto et d’une tape dans le dos. La maman explique qu’elle a voulu que sa fille porte un prénom qui nous rappelle que le Covid nous a épargnés, donc à peu de choses près, elle s’appelait Varicelle, Chlamydia. Si on se met tous à nommer nos enfants en fonction de ce qu’on n’a pas eu, un bébé de Benoit Hamon s’appellerait « score de ouf à la présidentielle », c’est ridicule.

Mais cette dame philippine n’est pas la seule, en Inde, meilleur pays du monde puisqu’il nous a donné les nans au fromage et les films avec des gens qui dansent sapés comme Roselyne Bachelot, deux mamans ont appelé leurs filles Corona Kumar et Corona Kumari. Deux coronas, ça ressemble à pas mal de mes soirées de jeunesse. Et, disent-elles, c’est le médecin qui les suivait qui leur a soufflé l’idée, je ne sais pas, il doit détester les enfants, un jour il a fait un Paris-Dijon en TGV à côté d’un enfant qui criait, donc il s’est dit « toi et toi, vous allez vous appeler Corona, votre vie est foutue, hé hé hé hé ». Oui, les méchants rient toujours comme ça, c’est là qu’on voit que Martine Aubry est très gentille, parce qu’elle n’a jamais ri. Et le médecin, un certain SF Basha, dit « j’ai expliqué aux mamans que cela aiderait à sensibiliser les gens à la maladie », mais depuis quand les bébés sont devenus l’équivalent des campagnes d’information ? Et si demain on veut favoriser la contraception, on va appeler le petit « capote » ? 

Et attendez, toujours en Inde, il y a un problème avec ce pays, il faut que Kim Jong-un ressuscite et leur envoie un missile, est né un petit Lockdown, ce qui signifie en anglais « confinement », là-bas on peut choisir comme prénom des noms usuels, à l’école il y a 3 Poignées de porte, 2 Tournevis, un gamin lève le doigt, la maitresse dit « oui, je t’écoute, Ampoule 60 watts ». Les médias indiens, aussi stupéfaits que Salvatore Adamo si sa femme avait jeté tous ses pulls à col roulé pour lui refiler à la place un T-shirt « Fuck me I’m famous » ont demandé au père « pourquoi Lockdown ? ». Il a répondu « pour garder le souvenir de cette période difficile ». C’est-à-dire que si le festival des Vieilles Charrues avait été maintenu, tous les bébés autour de Carhaix s’appelaient « live de Celine Dion ».

Bref, loin de moi l’idée de juger les philippins et les indiens, même si, Daniel Morin me l’écrivait par mail ce matin, ces gens ne sont pas comme nous. Mais soyons réalistes, le Covid est une épidémie dont on parlera dans les livres d’histoire, donc il n’y a pas besoin d’appeler sa fille Covid, à la rigueur « pénis de Benjamin Griveaux » pour un bébé, parce que ça, on l’a déjà oublié.

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