Selon une étude, ils sont plusieurs millions à avoir un pouce plus gros que l’autre, et ce n’est pas parce que c’est une île et qu’à force de faire l’amour ensemble, il y a de la consanguinité... Non, c’est qu’à force d’être sur leurs 06, leurs mains sont en train de muter !

Le pouce est un doigt qui, jusqu’à présent, ne servait à rien. Il était inutile, au même titre que le jean slim chez le dalaï-lama. Certes, à la petite école, quand on faisait pouce, ça permettait d’arrêter tel ou tel jeu, c’était l’ancêtre du mode pause sur la télé d’Orange, que parfois j’actionne pendant N’oubliez pas les paroles afin de reluquer une candidate un peu hot... Malheureusement, le temps de latence étant d’une seconde ½ entre le moment où on appuie et celui où la pause se fait, à chaque fois ça s’arrête sur vous, Nagui, ma sexualité s’en trouve assez perturbée. Et, encore plus loin que la petite école, sauf pour Gérard Collomb qui a connu les deux, dans la Rome antique, un pouce vers le bas signifiait qu’on voulait la mort du type qui venait de se battre dans le cirque. 

On retrouve ce principe aujourd’hui pour les vidéos Youtube, sous chacune de mes chroniques, il y a 400 pouces vers le haut et 4 connards qui ont choisi celui pointant vers le bas, des enfoirés, des raclures de bidet, qui à leur mort croupiront en enfer avec Slobodan Milosevic et le parolier d’Aya Nakamura ! Tu ne connais pas, auditeur d’Inter, c’est une chanteuse de R’n’B qui n’a fait de duo ni avec Thomas Fersen ni avec Clara Luciani. 

Sur internet, toute la journée, on se met des pouces, dans la vraie vie, c’est différent, il faut bien connaître la personne pour faire ça. Enfin, notons qu’en plongée sous-marine, un pouce vers le haut signifie qu’on remonte, et en radio, ça veut dire « Il était top, ton papier, bébé », geste que je ne désespère pas de vous voir faire un jour, Nagui, à l’issue d’une de mes chroniques.

Bref, jusqu’à présent, le pouce servait à peu de choses, c’était un membre inutile. Les bûcherons québécois qui se le coupaient par accident, en général, disaient « Rien à foutre, on est des durs, nous, on est sur notre 40ème année de chanteuses à voix, c’est pas un bout d’os et du sang qui gicle partout qui va nous faire peur », et ils jetaient le pouce aux ours. Puis est apparu le smartphone, cette extension de nous-même qui fait qu’on a l’impression de n’être jamais seul alors qu’on ne l’a jamais autant été. Petite dimension sociologique, critique de l’époque, comme ça l’auditeur se dit « Il s’est pas foutu de nous, Pastureau » - je vise le zéro pouce vers le bas sur cette chronique. Sans pouce, en effet, manipuler un smartphone n’est pas simple, sauf au Cap d’Agde où la tradition locale veut qu’on fasse défiler son fil Twitter avec le sexe. C’est parfois pénible chez le dentiste, vous arrivez dans la salle d’attente, 7 gusses sans slips répondent à leurs mails, c’est plus stressant que les soins dentaires qui arrivent derrière. 

Nous sommes accros à nos portables, moi pas trop mais c’est parce que je suis ringard, au point qu’un opérateur téléphonique anglais a fait une étude sur les habitudes de ses abonnés, et c’est ouf, comme dirait Faudel en interview si quelqu’un lui demandait une interview. Ainsi, un britannique sur 5 dit ne plus pouvoir se passer de son smartphone, ils ne se douchent même plus pour ne pas le quitter, les types sont couverts de croûtes, vous appuyez, en dessous c’est mou, même principe que la crème catalane. 20% s’endorment même avec leur smartphone - ça, ça m’arrive, insomnie, je me mets une vidéo de Pierre Moscovici qui parle des institutions européennes, je pars direct.

La suite à écouter et à retrouver en vidéo !

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