Tanguy Pastureau nous le dit : la personne qui a eu l'idée de mettre des pianos libres d'accès dans les gares, il faudrait la prendre et l’enfoncer dans un trou de taupe avec au fond du trou Robert Charlebois qui a son haleine du matin.

J’ai de plus en plus horreur de la musique. Avant, j’aimais ça, jeune, j’ai acheté l’album de Samantha Fox, celui de Sabrina, ensuite en 93 je suis passé sur l’album Janet de Janet Jackson, puis en regardant les pochettes, j’ai réalisé que ce j’aimais, ce n’était pas la musique, mais les seins. Ce qui paraît logique d’ailleurs, c’est super les seins, j’ai du mal à comprendre qu’on puisse penser à autre chose, lundi soir, vous étiez tous là à vous exciter sur l’équipe de France, et je me disais « mais est-ce que tous ces gens savent que les seins existent ? ». « On s’en fout, en fait, des pieds ». 16 millions de téléspectateurs, tu parles, mettez sur TF1 à 21h du beach volley naturiste, là vous aurez un score d’audience. 

Si j’étais directeur des programmes, on ne verrait que des seins, Xavier Bertrand voudrait une interview au JT, je lui tendrais un cintre en lui disant « le vestiaire c’est 1ère à gauche, tu peux garder le bas ». Non, la musique, je me suis lassé, trop de télé-crochets, on n’en peut plus de The Voice, le seul truc qui m’a plu cette année, c’est que Marc Lavoine n’arrivait pas à distinguer un seul chanteur sans ses lunettes, je me suis identifié. Parfois il disait « bravo, vous avez une voix superbe », en fait c’était un technicien qui faisait des tests micro, Lavoine disait « 1-2-1-2, ça me semblait bizarre comme chanson ». 

Moi aussi j’ai la vue qui baisse, je suis obligé de savoir exactement ce qui est prévu dans l’émission, parce que je ne vois rien, peut-être vous avez le même souci, Mélanie Laurent ? Et puis j’ai fait trop de fêtes de la musique, les reprises des Red Hot devant le Balto, Californication alors que tu vis à Arras bah non, est-ce qu’à L.A on chante des chansons sur le Pas de Calais ? Un peu de dignité. 

Mais le pire, ce qui m’a vraiment dégouté de la musique, ce sont les pianos de la SNCF dans les gares, quelle horreur, la personne qui a eu cette idée, il faudrait la prendre et l’enfoncer dans un trou de taupe avec au fond du trou Robert Charlebois qui a son haleine du matin. 

Pour ceux qui ont la chance de ne pas prendre le train, ce moyen de transport à la promiscuité trop importante géré par des contrôleurs à boucle d’oreilles, je vous explique. Avant, tout allait bien, il y avait des gares, sales, moches, pour que même si notre destination est nulle, on ait envie de se casser. Puis il y a 10 ans, la SNCF a commencé à vouloir satisfaire le voyageur, une lubie, ils ont ouvert dans les gares des bars à sushis, des Starbucks, ces immondes cafés où on écrit sur un gobelet votre prénom comme si vous aviez 6 ans ½, ensuite un type crie « Tanguy pour le super mega macchiato bianco avec supplément chantilly M&M’s chamallow » et tout le monde vous juge. Il y a des gens qui déplient au sol leur tapis de yoga dans le cas où vous feriez une crise d’hyperglycémie en disant « ça va Tanguy ? », parce que chez Starbucks, on a juste un prénom et pas de nom, là-dedans on a la même vie que vous, Nagui. 

Et donc la SNCF a installé dans chaque gare un piano, libre d’accès, c’est-à-dire que le moindre connard qui a la confiance se prend pour Schubert, donc vous êtes assis à mater sur votre portable les seins de Christine Kelly et d’Eric Zemmour, on est sur l’idée que Vincent Bolloré m’aurait propulsé à la tête de C-News, et là il y a quelqu’un qui joue la Truite, alors qu’il est 16h en plus, donc joue le Palmito ou la brioche Pitch. 

En général, autour du pianiste, viennent se réunir 4 bobos en fûte de lin en partance pour le Cap Ferret qui font semblant de trouver ça bien parce qu’il s’agit d’un truc vécu ensemble, mais moi ça me gonfle. Quand un fumeur veut fumer près de moi il me demande, quand un supérieur hiérarchique cherche à coucher avec moi il me demande, en général je réponds « mais M. Macron, certes vous êtes au-dessus, mais vous n’êtes pas directement dans la maison », mais par contre, si une personne veut jouer du Chopin à un mètre de moi, il s’installe et il joue. Zéro consentement, formidable, moi je le dis, vivement qu’il y ait un MeToo dans le monde du piano.

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