Adrien Jaulmes est grand reporter au Figaro. Depuis 2008, il est correspondant à Jérusalem. Il nous raconte son parcours, des montagnes afghanes aux bases militaires américaines en Irak.

Adrien Jaulmes / Afghanistan
Adrien Jaulmes / Afghanistan © DR / DR

J'ai dans mon sac à dos tout le barda du reporter de l'ère numérique :

-un ordinateur portable, dont les touches ne sont pas encore toutes bloquées par la poussière ;

-un Thuraya, téléphone satellitaire ressemblant à un très gros portable muni d'une antenne téléscopique et dont la sonnerie mélodieuse est devenue caractéristique des zones de guerre post-11 Septembre ;

-un téléphone mobile classique. L'un des derniers pays au monde à ne pas avoir de téléphones portables en l'an 2000, l'Irak a rejoint depuis la chute de Saddam la communauté mondiale. Le roaming fonctionne parfaitement à présent avec n'importe quel téléphone européen. On peut ainsi recevoir un appel de son banquier proposant un plan d'épargne alors que l'on essuie des tirs sporadiques quelque part sur une route irakienne ;

-un B-GAN. Cette petite antenne satellite pliante permet de se connecter à Internet d'à peu près n'importe où et de recevoir dans les pires endroits les comptes rendus de son comité d'entreprise et toutes sortes de spams proposant d'améliorer ses performances sexuellesou d'aider de jeunes orphelines ivoiriennes à récupérer les millions de dollars cachés pour elles par leur défunts pères.

Tous ces appareils s'accompagnent de nombreux chargeurs, transformateurs et câbles de tous types. Les prises électriques relèvent en Irak de la tour de Babel. En plus de la triple fiche britannique et des deux trous ronds européens déjà en usage, les Américains ont introduit leur propre prise à deux lamelles. Mon sac ressemble à celui d'un électricien.

Amérak , Editions des Equateurs, 2011

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