Pour que votre enfant ait une enfance heureuse, Tom Villa n'a qu'un conseil à vous donner : divorcez ! Vous n'imaginez pas le malheur et la ringardise d'être un enfant élevé dans l'amour.

Nagui : Tom Villa, est ce que vous avez bien compris pourquoi on recevait Yvan Attal ? 

Tom Villa : Oui Nagui, on reçoit Yvan Attal pour la pièce de Florian Zeller "Le fils". Après "La mère" en 2010, "Le père" en 2012 maintenant "Le fils". Bah, là c’est le jeu des 7 familles ! Et en même temps, quelle famille… Le fils adolescent ne va pas bien, entre autre parce que ses parents sont divorcés. Moi j'ai pas eu cette chance quand j'étais jeune. Mon enfance a été marquée par… une normalité… une bienveillance… Mes parents sont toujours ensemble… Et pire que ça ! Ils s’aiment encore. Les ringards.

C’est là où c’est dégueulasse ! Contrairement aux enfants de divorcés, moi je n’avais qu’un seul anniversaire ! Qu’un seul Noël ! Qu’une seule chambre !  Ah non mais faut pas croire. C’était la galère. Le samedi matin, en primaire des fois ils venaient me chercher à 2 à l’école. Main dans la main.

J’étais obligé de faire croire que j’avais perdu mon manteau pour sortir le dernier et pas que mes copains voient que mes parents sont encore ensemble. Ça aussi, c’est un traumatisme et on en parle pas ! 

Tout commence à l'âge de 3 mois. Je ne faisais pas mes nuits. Je hurlais. Mes parents étaient épuisés. Ils auraient pu s’engueuler. Mais non ils ont préféré prendre soin l'un de l’autre… Et se relayer pour aller me voir… Mon père se levait la nuit. Il se levait la nuit ! Je crois que vous rendez pas bien compte de la chance que vous avez si votre père disait à votre mère : "Vas-y, lève-toi y'a ton gosse qui chiale".

Quand j'ai grandi, j'ai fait quelques bêtises. Rien de bien grave. J’ai dealé de la coke avec les Colombiens de mon quartier, brûlé quelques Ford Mustang, et transporter des malettes sur mon VTT RockRider 18 vitesses. Et mes parents ont toujours trouvé le moyen d'être d'accord entre eux sur les punitions. Pas une seule mésentente. Et puis, je vous passe les « Je t'aime mon amour » après tout ce temps comme au premier jour.

C'est bien simple, chez moi ça puait l'amour de son prochain et la bienveillance. On se serait cru à la messe avec les hosties remplacées par des tartines Nutella.  Quand j'invitais des copains, je faisais en sorte qu'un de mes deux parents ne soit pas là pour éviter de leur dire qu'il étaient encore mariés.

« Mon père ? Ho tu sais j'ai plus trop de nouvelle depuis qu'il est parti avec sa secrétaire. »

En fait il était chez Auchan en train de faire les courses. La honte. Pire encore, il faisait parfois exprès de rentrer plus tôt du travail pour faire une surprise à ma mère… Et moi j’étais avec un pote en train de jouer à la Playstation 2. Je faisais croire qu’il était en dépression, qu’il la masquait par excès de bonne humeur… Et qu’il passait simplement chercher quelques affaires ! 

« Les fleurs qu’il lui ramène ? Pour essayer de se faire pardonner ! » 

Sur les fiches à l'école. Je mettais toujours le nom de jeune fille de ma mère. Comme ça les profs passaient dans les rangées et me jetaient un regard plein de compassion. J'étais bien putain…  Je revivais à chaque rentrée scolaire ! Et puis c'est vraiment nul d'avoir ses deux parents mariés. T'imagines même pas les incidences sur ta vie d'enfant. Même pas de belle mère sur qui fantasmer à l'adolescence.  Ou à l’inverse pas de belle mère sur qui passer ses nerfs ! Quand je gueulait sur ma vrai mère, elle m’en retournait une, elle, elle avait le droit ! 

Alors, j'en appelle à tous les parents qui se demandent "Comment rendre mon enfant heureux ? ». Divorcez ! Oubliez la Playstation 4, les câlins, les « tu es le plus beau de toute la terre », divorcez et vous rendrez votre enfant heureux. Le bonheur d'un enfant c'est simple comme une audience chez le juge aux affaires familiales.

On est en 2018, les enfants cabossés par l'existence avec des parents divorcés ça donne des pièces de théâtre. Et jusqu'à preuve du contraire les enfants qui vont bien ça n'intéresse pas grand monde. Super Nanny, elle vient pas quand les gamins qui disent oui à leurs parents et se couchent à 20h. Il lui faut du rebelle qui insulte sa mère et crache au visage de son beau père. Et pour qu'un gamin en vienne là, il lui faut des parents défaillants. Là dessus dans la pièce Yvan vous avez été au Top ! 

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