« Si petit et si grand ! C’est ici que tu es à ton aise, homme enfin digne de ton nom, c’est ici que tu te retrouves à l’échelle de tes désirs. Ce lieu, ne craint pas d’en approcher ta figure, et déjà ta langue, la bavarde, ne tient plus en place, ce lieu de délice et d’ombre, ce patio d’ardeur, dans ses limites nacrées, la belle image du pessimisme. Ô fente, fente humide et douce, cher abîme vertigineux. »

Ce que je viens de vous lire est un extrait de LeCon d’Irène , texte de Louis Aragon

Et il y a quelques années, je n’aurais pas eu le droit de vous le lire.

Ce roman érotique a une longue histoire avec la censure !

C’est clandestinement et sous pseudo qu’il fut publié en 1928. Aragon a d’ailleurs toujours eu du mal à admettre qu’il en était l’auteur.

En 1968, la date a son importance symbolique, Régine Desforges et Jean-Jacques Pauvert décidèrent de le publier de nouveau.

Ce n’était pas manquer de courage car, comme vous avez pu l’entendre dans ce court extrait, elle en paya le prix fort.

Aujourd’hui, Le Con d’irène est publié aux éditions Mercure de France !

Si je vous en parle c’est que nous allons parler de censure ce soir dans Tous les chats sont gris .

Pas de toutes les censures. Concentrons-nous sur la censure des œuvres érotiques ou pornographiques.

C’est déjà beaucoup.

Lettre de censure
Lettre de censure © radio-france

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