L'écrivaine Marie Darrieusseq commente un masque punu des collections du Musée du quai Branly et qui ressemble comme deux gouttes d’eau à celui qui trône chez elle, et qui l’observe quand elle écrit ses romans. Les Punu sont une tribu du Gabon, à la mythologie très complexe et développée. Les masques punu sont des masques rituels, ils représentent les ancêtres. Pour Marie Darrieusseq, ces masques, c’est aussi l’appel du magique

L'oeuvre: Masque blanc de la belle jeune fille okuyi

Les Punu, également appelés Bapunu, forment une ethnie vivant principalement dans le sud et le sud-ouest du Gabon. Leurs masques blancs sont célèbres dans tout le pays et bien plus loin.... Matisse et Picasso, qui en possédaient tous deux un, les considéraient comme les plus beaux fleurons de leur collection. De taille modeste (de 20 cm à 40 cm), ce sont des masques faciaux, sculptés dans un bois tendre et léger puis recouvert de kaolin (une argile blanchâtre) auquel on ajoutait autrefois des cendres d’os de défunts. De forme légèrement triangulaire, ils ont des yeux presque clos, étirés en amande, et comme gonflés par le sommeil, les lèvres pigmentées de rouge ; la coiffure, toujours noire et finement ciselée, est composée de plusieurs coques (ici une grande et deux petites). Les scarifications frontales en forme de losange à neuf points représentent la cosmogonie punu : le point central est le principe créateur (Dieu) qui a donné naissance aux quatre points cardinaux (le monde) ainsi qu'aux deux couples primordiaux (les humains).

Les masques de l’okuyi représentent les ancêtres (hommes ou femmes), et expriment la sérénité des anciens qui protègent et conseillent les vivants depuis le royaume des morts. Ils sont utilisés lors des rites funéraires : perchés sur de grandes échasses, les danseurs sont dissimulés sous un costume de raphia (aujourd’hui en coton) ; ils tiennent le masque entre leurs dents à l’aide d’une petite baguette de bois fixée au dos du masque et exécutent des figures acrobatiques tout en agitant un chasse-mouches dans chaque main. (Bibliothèque de Radio France)

Cérémonie du Mukuyi (ou okuyi) filmée dans la province de la Nyanga en juin 2009

Technique : Bois sculpté et peint - Musée du Quai Branly, Paris

Crédit photographique : (C) RMN-Grand Palais / Labat / CFAO

Marie Darrieusseq dans la rentrée littéraire

Avec « Il faut beaucoup aimer les hommes », chez POL, où l’on retrouve la Solange de son roman Clèves, L’histoire d’une passion amoureuse, entre une petite française blanche et un noir-américain

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