Fin de la mise en musique de l'élection américaine avec "Born In The USA" de Bruce Springsteen. Ou l'histoire de l'un des plus gros malentendus du rock & roll.

Bruce Springsteen 19 Septembre 1985
Bruce Springsteen 19 Septembre 1985 © Getty / Clayton Call

"Born In The USA" n’est pas la meilleure des chansons de Springsteen, mais c’est la plus fantastique des contradictions. Parce que c’est elle qui a fait de Springsteen une star planétaire. "Born In The USA" a longtemps été perçu comme un hymne patriotique. Et tout semblait y contribuer.

Pendant les concerts, un rock qui tape sur fond de bannière étoilée, et Springsteen qui brandit sa guitare, comme on sortirait une épée de son fourreau. Le mec, le vrai. Prêt à combattre dans l’arène. Le gars qui ne se contente pas de chanter. Mais qui s’époumone. On se foutait de ce que racontaient les couplets. Tout était écrasé par la puissancedu refrain. Une incantation. Un hymne pour les stades avec la foule qui hurle :

Je suis né aux États-Unis !

Même l’époque contribuait à faire de cette chanson un tube de patriote. Parce que nous étions en 1984 et que l'Amérique renouait avec la gagne. Ronald Reagan avait remporté la course à l’armement, Carl Lewis raflait toutes les médailles aux épreuves d’athlétisme des J.O, et au cinéma, il y avait Rambo.

Au milieu des années 1980, dans cette Amérique triomphante, Springsteen remet la douleur du Vietnam sur le tapis en parlant de ses vétérans. Mais ça, on n’a pas envie de l’entendre.

Les références
L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.