Si Toulouse avait son Nougaro et Alexandrie son Cloclo, Saint Etienne a son Bernard.Il y a 40 ans ou presque, en 75 précisément, Lavilliers sort un album intitulé Le Stéphanois, avec une chanson qui porte le nom de la ville. Et l'on entre dans ce morceau là, Saint-Étienne, comme on entrerait à l'église.

Saint Etienne a taillé Lavilliers : le bonhomme, le chanteur et le personnage. Celui de l'ancien prolo qui bossait à la Manufacture d'Armes et se met à chanter cette vie et cette culture là.Il est à noter que ce monde ouvrier, c'est plutôt dans la chanson réaliste qu'on le trouvait. Les interprètes roulaient les « r » et ça dramatisait l'affaire qui rime avec misère.Alors quand Lavillers s'est mis à chanter les hauts - fourneaux au son des rythmes tropicaux, en Lorraine, je peux vous dire que ça nous a tous sciés. Et les hauts fourneaux lorrains, c'était dans la chanson Fensch Vallée.Et cette fameuse vallée de la Fensch, dans l'Est, n'était plus simplement le pays de la quiche et des crassiers. C'était les States.

Dès les années 80, Lavilliers a aussi imposé sa légende et sa silhouette de baroudeur et d'aventurier, assez inédite dans la chanson française. Nanard se mit alors à porter la boucle d'oreille. Et il la choisit aussi grosse qu'un bretzel. Il aurait opté pour le pince – cravate comme accessoire que ça n'aurait pas marché puisque le gars s'habillait soit d'un marcel, soit d'un petit paletot de cuir sur son torse nu et ses biceps d'haltérophile. C'était gay. C'était gonflé. Mais il est des chansons où il faut se dégrafer et tester la souplesse de ses lombaires :

Et ce phrasé de Lavilliers. Bien net. Qui s'attarde rarement sur les voyelles. Ce phrasé au couteau associé à son look lui ont permis de superposer une troisième image : celui du mauvais garçon. Le gars large d'épaule qui aime la marge et la castagne. Et puis les mauvais garçons, et ben ça aime aussi les déluges de guitare.

Ah là, en 1983, on est moins dans les musiques latines, le reggae et tout le Saint Frusquin. C'était la chanson Idées Noires avec qui ? Avec... Nicoletta !

Nicoletta oui, qui, ici, a vraiment trouvé le truc pour chanter dans un souffle.Pour terminer un autre duo. Celui qui associe notre Bernard avec une des grandes figures de la chanson angolaise : Bonga Kuenda.La chanson s'intitule Angola. Malgré les paroles qui évoquent les trafics et la guerre, et bien on écoute ce morceau comme on se glisse dans un bain chaud.Après avoir abordé la salsa, la bossa, le reggae ou le rock'n'roll, Lavilliers renoue avec le blues.

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