Pour clore cette semaine de 'Pop & Co', Didier Varrod présente en avant-première le prochain album d'une jeune femme qui se fait appeler Fishbach.

Et il se pourrait bien que ce premier disque vienne bouleverser la chanson française en 2017.

Jamais rien vu d’aussi mortel que ces tirs au hasard.

C’est ce genre de punchlines prémonitoires qui font des chansons de Fishbach des bulles d’obsessions. Comme après une nuit sans dormir où vous reviennent les images fragmentées de vos rêves, Fishbach a investi le territoire de l’envoûtement. Fishbach est ce poisson qui remonte le ruisseau à contre-courant pour aller à la source de musiques qui n’ont pas l’art d’avoir la carte du bon goût.

Ce sont plutôt celles des années 1980. Celles sur lesquelles les parents de Flora Fishbach dansaient. Mais elle y a greffé sa fougue chamanique, foutraque et désespérée. L’hétéroplastie ne devait logiquement pas prendre, mais c’était sans compter sur la détermination de cette chanteuse pour qui chanter est devenu un exutoire nécessaire pour vivre.

Un lyrisme assumé et une quête bionique aussi pour cette créature magnétique, fruit transgenre d’une manipulation génétique de logiciels informatiques disponibles sur la tablette numérique la plus partagée au monde. C’est bien ça la pop 2.0.Hybride, bricolée, née d’un grenier purgatoire et transcendée dans la lumière technologique des meilleurs studios. Il y a quelque chose de sombre et instable chez Fishbach. Elle rend humaine les machines, jusqu’à les faire saigner ; Ennio Morricone chez les geeks.

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