"Tainted Love", tube de l'année 1981 signé du duo britannique Soft Cell emmené par Marc Almond est en réalité une reprise. Le morceau original était interprété par Gloria Jones.

Marc Almond et Dave Ball
Marc Almond et Dave Ball © Getty / Fin Costello

Dans "Tainted Love", tout commence par un bip... qui tantôt évoque un monitoring, tantôt vous téléporte à une époque où les filles comme les garçons traçaient un trait noir à la lisière de leurs paupières. Ils clignaient des yeux pour éviter les larmes, sinon tout le boulot était foutu. Marc Almond, le chanteur, l’avait, ce trait. Avec un pantalon à pinces et des bracelets à clous.

Marc Almond au chant et Dave Ball aux machines forment le duo Soft Cell. Leur "Tainted Love", c’est 2 minutes et 58 secondes de bonheur sans une seule guitare à l’horizon. Alors les rockeurs font la tronche parce que les synthétiseurs envahissent tout. Nous sommes en 1981 et, pour les gardiens de l’authentique, les synthés annoncent un futur de pacotille. Pourtant, avec ce morceau-là, Soft Cell fait partie des groupes qui allouent des ambitions à l’électronique : rendre charnelle une chanson conçue avec des machines.

Les bips et les claps participent à la dramaturgie, tout comme la voix de Marc Almond, un garçon qui a le goût du théâtre. Marc chante un chagrin d’amour comme le ferait une tragédienne, avec la main au front. Les paroles de l'un des couplets disent

Ne me touche pas, s’il te plaît. Je vais prendre mes cliques et mes claques. Et partir.

"Tainted Love", ou la lutte d’un homme pour fuir un amour toxique. Or, en 1981, une maladie inconnue qu’on appellera SIDA décime la communauté gay aux États-Unis. Après coup, le texte de "Tainted Love", titre que l'on peut traduire par « amour souillé », sera interprété à cette lumière-là. Pourtant les paroles de "Tainted Love" n’ont pas été écrites à l’orée des années 1980 mais au milieu des années 1960.

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