C'était un jour de septembre 1977 à 6h du matin. Higelin connaît des doutes, sans chiqué, qui le mettent au tapis. “C’est de la merde”. C’est ce que Jacques Higelin a dit à l’écoute du disque. La chanson "Pars" fait partie de l'album "No Man's land".

Au départ, la chanson est une transe musicale de 20 minutes. Mais Laurent Thibaut, qui supervise les enregistrements fait des coupes. Et il met des bougies partout dans le studio, dans l’espoir que Higelin soit bien.

En 1977, il a déjà eu plusieurs vies : dans le jazz, la chanson d’avant-garde, dans le rock, dont il a posé les fondamentaux, en France.

Et là, au milieu des sons synthétiques, il reprend son accordéon pour une sorte de tango triste.

Jusqu’à ce moment, où on entend une sorte de courte échelle qui le hisse.

La scène se passe au Château d’Hérouville dans le Val de Marne

Le Château d’Hérouville est le premier studio résidentiel au monde. Donc un lieu de vie où on enregistre et Higelin est installé dans la bergerie avec son fils et sa femme, Kuêlan Nguyen.

La légende dit que Kuêlan a inspiré la chanson “China Girl” à Iggy Pop.

“Pars” est le récit d’une rupture… Entre Jacques Higelin et cette femme.

C’est LA déclaration d’amour ultime

Souffrir, laisser l’autre partir, et ajouter : “Quoiqu’il arrive, je serai toujours avec toi”.

Dans ces années 1977/1978, Alain Souchon chante “Allo Maman bobo”. Et la presse fait sa une, je cite sur “L’homme nouveau”. Comprenez : l’homme sensible.

Et Jacques Higelin dans tout ça ? Un cœur brisé. Mais jamais plaintif.

Du panache et les yeux plein de larmes. Un chevalier magnifique.

La maison de disque Pathé Marconi, trouve, je cite : “La musique insignifiante et le texte débile”.

“Pars” sort en 45 tours au cœur de l’été 1978. Et la chanson passe à la radio.

Et Jacques Higelin vit son tout premier tube, il a 38 ans

Bien des années plus tard, le 24 octobre 2015, Jacques Higelin est sur la scène de la Philharmonie de Paris.

Beaucoup savent que ce sera le dernier concert de sa vie. “Pars” est donc la dernière chanson qu’il a interprétée sur scène, avec ses enfants qui le rejoignent.

Pars”, c’est l’histoire d’un homme amoureux qui accepte la liberté d’une femme.

Pars”, c’est tout ceux qui aiment et qui tentent d'accepter le départ d’un vivant. Vaille que vaille. Dans un banquet ultime.

Le dernier vers magnifique de cette chanson dit : "Et reviens moi. Vite.”

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  • Légende du visuel principal: Jacques Higelin en concert à Lyon en 1977 © Maxppp / Philippe Gras / Le Pictorium
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