“Elle me rend fou”, c’est le refrain du jour. “She Drives Me Crazy” par le groupe Fine Young Cannibals, c’est l’affiche de Tubes And Co ce matin.

1989 : une décennie s’achève. C’est l’occasion d’un bilan musical rapide... Et de mauvaise foi. 

Le rock de stade nous a submergés d’excès sonores. 

Cet été-là, la Lambada nous a poussés à des excès de mojitos. 

Mais eux...sauvèrent quasiment l’année du top 50 avec ce morceau.  

Fine Young Cannibals. Tendus. Sobres. Elégants. 

Cette chanson ouvre leur album “The Raw And The Cooked”. Le cru et le cuit. D’aucuns précisaient qu’il s’agissait d’une référence à un ouvrage de Claude Levi-Strauss. 

De toute façon on s’en foutait, on ne lirait pas le bouquin : on était trop occupé à taper dans les mains.  

Pour avoir une idée de leur ouverture d’esprit, disons que c’est l’histoire de 3 gars qui ont fait leur gamme sur une bande son anglo-jamaïcaine dans d’excellents groupe de ska. 

C’est l’histoire de 3 gars, attentifs aux nouveaux sons électros de ces années-là

C’est l’histoire d’un chanteur qui a grandi en écoutant Otis Redding. 

Andy Cox, guitariste et David Steele, bassiste cherchaient un interprète.  

La légende raconte qu’ils ont écouté 500 cassettes avant tomber sur lui : il s’appelle Roland Gift. Le seul qui ait une voix mutante à ce point-là. 

Le trio de Fine Young Cannibals avait alors signé avec le label London Records, grand fournisseur de tubes anglais eighties. 

Bananarama ?  

London Records. 

Bronski Beat, mené par Jimmy Sommerville ?  

London Records. 

Mais, eux, voulaient du musicien américain le plus passionnant de ces années-là. 

Prince donc. Andy Cox, guitariste de Fine Young Cannibals explique : 

Prince nous a dit non parce que nous n’étions pas assez jolies filles”.  

Fine Young Cannibals enregistre quand même à Minneapolis, quand même à Paisley Park dans le studio de Prince jusqu’à en adopter le son. 

C’est finalement David Rifkin, dit David Z, proche collaborateur de Prince qui va superviser la production et la construction du morceau

En 85, le groupe signait un premier album anti–Thatcher.  

En 89, le commentaire politique c’est fini. Fine Young Cannibals est sacré meilleur groupe et meilleur album de l’année aux brits awards. 

Mais pendant la cérémonie, Margaret Thatcher intervient pour évoquer ses goûts musicaux. 

Le groupe rend tous ses prix. Pas là pour cautionner un meeting conservateur disent–ils. On ne se refait pas. 

Les deux albums de Fine Young Cannibals viennent d’être réédités et enrichis avec démos, live et remix. 

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  • Légende du visuel principal: Fine Young Cannibals ( David Steele, Roland Gift et Andy Cox ) en 1989 © Getty / LGI Stock/Corbis/VCG
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