Tandis que vient d’être publiée une anthologie des chansons de Nancy Sinatra sous le titre “Start Walkin’”, votre Tubes N' Co est dédié à la chanson "Bang Bang" ce matin. C’est un western de 2 minutes et 35 secondes. C’est la magie des tubes des années 60 : 2 minutes 35 pour concentrer des années.

Les années d’un amour cruel qui a commencé par un jeu d’enfant. Gamin, lui s’prenait pour un cowboy sur un cheval de bois et elle était sa cible.  

Bang bang”, comme deux coups de feu pour de faux. Mais “bang bang” comme la détonation d’un coup de foudre pour de vrai et qui l’a mise à terre. 

Nous sommes alors en 1966. Et dire la date, ça fait déjà rêver.  

Pas de chômage, des bécots à la pelle, la jeunesse au pouvoir, la naissance d’Edouard Baer. 

Nancy Sinatra va incarner l’insouciance autant que la part sombre de ces années-là

En revanche, la version originale de Bang Bang est plus riante. Elle fut écrite par Sonny Bono et créée par Cher, sa femme.  

Pourtant c’est toujours un western amoureux, mais un western, avec une âme slave.  

Alors que quand Nancy la reprend. 

Non. 

Ce passage, que vous venez d’entendre chanté par Cher, Nancy Sinatra l’interprète avec la langueur d’une âme défaite. 

Sa voix hante un décor de cinémascope, grâce à la guitare, seule, de Billy Strange.  

Et avec cette guitare, on visualise mieux encore, la silhouette de Nancy, qui tombe au ralenti. 

Dans la chanson, Nancy s’est mariée avec le type de son enfance qui a cette manie idiote de toujours vouloir gagner

Il la quitte pour une autre avec ces deux vers magnifiques  : 

« il n’a même pas pris le temps de dire au revoir. Il n’a pas pris le temps de mentir.” 

L’année 1966 voit le morceau interprété par une troisième femme. C’est Dalida. Sa voix tendre et triste nous dit que pour le chagrin, elle connaît le dossier. En plus elle le chante en italien. 

On peut entendre cette version de “Bang Bang” dans le film “Les Amours Imaginaires” de Xavier Dolan”, sorti en 2010. 

Mais Nancy aussi reçut enfin la reconnaissance qu’elle méritait, grâce au cinéma. “Bang Bang” ouvre “Kill Bill volume 1”, de Quentin Tarantino. C'était en 2003.  Dans le film, l’héroïne est incarnée par une Uma Thurman reine du kung fu.  

Uma va faire la peau à tous ceux qui ont détruit ses illusions. En tentant de la buter le jour même de son mariage. 

Bang Bang, était donc le récit d’une femme à terre et ça devient la détonation d’une vengeance. 

Le cowboy, ce n’est plus le type de la chanson, c’est Nancy elle-même et les mots “The End” peuvent s’écrire sur l’écran noir. 

  • Légende du visuel principal: Nancy Sinatra en 1966 © Maxppp / g49/Globe-ZUMA
L'équipe
Contact
Thèmes associés