Vu d’ici, 2013 nous semble plutôt paisible : c’est l’année internationale du quinoa. Quand soudain, en avril, le duo Daft Punk signe le tube de la décennie, qui nous enjoint, je cite : "à rester debout toute la nuit, pour prendre son pied".

Daft Punk a défini le son électronique des années 2000.  

En 2013, quasi toute la production musicale passe par un ordinateur. Et les Daft Punk se retrouvent comme des magiciens dont tout le monde connaît les trucs. 

Alors ils lancent une démarche à rebours : faire jouer de vrais musiciens. Et donner le micro à un rappeur, producteur en vogue. Pharrell Williams et sa voix de chérubin.  

“Get Lucky” n’est plus simplement un tube, c’est un panthéon.

Ici la guitare qui caquette est tenue par Nile Rodgers, 61 ans. L'un des fondateurs du groupe Chic. L’un de ceux qui ont écrit les tables de la loi du son des années 70 et 80. 

Tout le casting salue l’âge d’or de la production musicale : Paul Jackson Junior, guitariste qui joua aux côtés de Michael Jackson. Omar Hakim, batteur, notamment pour Miles Davis. 

Et les robots ajoutent leur signature. 

Un an plus tôt, 2012, c’est comme si le critique musical anglais Simon Reynolds avait prédit toute la philosophie de ce tube et de l’album sur lequel il figure. 

L'essai de Reynolds s’intitule “Rétromania” et le sous-titre c’est : “Comment la culture pop recycle son passé pour s’inventer un futur.” 

“Get Lucky” - chanson panthéon serait l’acmé de ce phénomène ultra–contemporain. Notre obsession pour les héros d’avant, notre goût pour les rééditions d’albums, les reformations de groupe ou les vinyles. 

26 Janvier 2014, cérémonie des Grammy Awards au Staple Center de Los Angeles. 

Paul Mc Cartney et Ringo se trémoussent dans la salle. Et sur scène, aux côtés des Daft Punk, il y a 2 légendes : Nile Rodgers toujours. Et Stevie Wonder. Qui les adoube. 

Si “Get Lucky” s'inscrit dans la bande son du XXI° siècle, c’est surtout pour le quatrième co–auteur de la chanson. En plus du duo Daft Punk et de Niles Rodgers, il y a : internet. 

Je m’explique : avant de publier la chanson en entier, le groupe n’en dévoile que 2 extraits. Comme s’il livrait un kit. Ces extraits deviennent viraux, ils sont remixés, réinterprétés par des milliers d’internautes amateurs. Pour la première fois, c’est un phénomène culturel qui devient aussi important que le morceau officiel lui–même. 

À la sauce Inter

Même les voix de France Inter s’y sont mises. Pour pallier l’absence des Daft Punk aux Victoires de la musique, Philippe Colin et Xavier Mauduit invitent, entre autres, Charline Vanhoenecker, Sonia De Villers ou Patrick Cohen à... chanter. 

Je vous laisse reconnaître les voix.  

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Mais je tiens à saluer Jean Lebrun, qui se met à parler anglais sur fond de mouettes. 

  • Légende du visuel principal: Daft Punk et Pharrell Williams reçoivent un Grammy award pour "Get Lucky" © Getty /
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