Dix ans après le printemps arabe, la chanson “Helwa Ya Baladi” de Dalida vient d’être ré - éditée. Dalida, diva égyptienne, c'est aujourd'hui dans Tubes N'Co.

J’en étais persuadée : Dalida était une gloire italienne célébrée en France. Parole de Manzoni.

Et puis lorsque j’acquis l’âge de raison - vers la fin des années 70 - plusieurs de ses chansons m’ont démentie. J’en convenais. C’était pas de l’italien. 

Les parents de Dalida étaient italiens. Elle, c’est au Caire qu’elle naquit et grandit. Mais lorsqu’elle arrive à Paris en 1954, c’est le début de la guerre d’Algérie.  Deux ans plus tard, 56, la France et la Grande-Bretagne doivent céder le Canal de Suez. Conclusion : pour avoir du succès ici, tes origines égyptiennes, tu oublies. 

Il fallut attendre que la France soit plus favorable à l’Egypte dans les années 70 pour que Dalida assume ouvertement son pays natal.

D’une certaine façon, son répertoire a épousé la géopolitique.  

« Helwa Ya Baladi » paraît en 1979 mais la mélodie existe deux ans plus tôt. On l’entend dans une chanson interprétée par Shake, l’un des poulains d’Orlando - Orlando, c’est le frère - producteur de Dalida. La première version de « Helwa Ya Baladi » s’intitule donc « Io t’Amero ». Hé, ça c’est de l’italien. Ça veut dire je t’aimerai...

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La mélodie est signée Jeff Barnell et les arrangements sont de Toni Rallo. Deux ans plus tard, 1979, Toni Rallo fait voyager la chanson de l’Italie, à l’Egypte, rien qu’avec ses arrangements. Un balancement, des percussions orientales, et bientôt, des cordes qui évoquent plus la volupté du Nil qu'une nuit d’amour à Vérone.

Dalida n’est pas la seule vedette native du Caire. Il y a aussi Claude François, Richard Anthony, Guy Béart, Georges Moustaki. Mais en cette fin des années 70, c’est la seule à chanter en arabe.

Il faudra attendre la décennie suivante pour que l’arabe s’installe dans la variété française avec Rachid Taha et le raï. Dalida, pionnière. Lorsqu’elle était reporter à Libération, Claude Guibal, aujourd’hui, journaliste à France Inter, raconte dans ses articles, qu’au moment de la révolution, place Tahrir, le peuple égyptien entonne “Helwa Ya Baladi”.  

L’enregistrement n’est pas optimal, on l’a trouvé sur le net, enregistré au portable, la nuit du 11 février 2011. Hosni Moubarak vient d’être renversé, et la foule s’égosille. "Helwa ya Baladi". Quelques mots qui signifient : “qu’il est beau, mon pays”. 

Une chanson de Dalida, devenue hymne des peuples du printemps arabe.

La chanson « Helwa Ya Baladi » vient d’être ré- éditée. Une compil du répertoire arabe de Dalida paraît aussi.

  • Légende du visuel principal: Portrait de la chanteuse Dalida le 5 octobre 1982 à Paris. © Getty / Bertrand LAFORET/Gamma-Rapho
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