C’est à partir d'un souvenir d’enfance que Lamont Dozier, l’un des auteurs de “I can’t help myself”, raconte avoir écrit cette chanson.

Mami possédait un institut de beauté. Et Papi était là, à draguer les clientes. Le piano et la basse pour le roulement d’épaule. Le grand père de Lamont saluait ces dames d’un : “How you doin’ sugar pie” ? (“Comment ça va sucre d’orge ?”). Et “Sugar Pie” devint le premier mot de la chanson. 

Aux manettes du morceau, Lamont Dozier donc, et deux frères : Eddie et Brian Holland. Trois afro - américains, auteurs de la plupart des tubes du label Motown. Trois afro - américains qui participent au phénomène musical de ce milieu des années 60 : la conquête du monde par la pop. 

La bande son est assurée par les Funk Brothers. James Jamerson à la basse, Bennie Benjamin à la batterie, qui assurent la marche en avant, le roulis. Et le sax baryton de Mike Terry qui plane au – dessus. Lamont Dozier et les frères Holland ajoutent les cordes du Detroit Symphonic Orchestra, dont ils ne cesseront d’affiner l’usage. Et puis il y a les voix des Four Tops, menées par Levi Stubbs. 

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“Can’t help myself” est l’histoire d’un homme qui dit : “Que tu claques des doigts ou cligne des yeux, j’accours. Je suis plus faible qu’un homme devrait l’être, mais je ne peux m’en empêcher. Je suis fou de toi.” Et c’est ainsi que cette chanson, partie des plans drague d’un vieux pépé, est devenue un morceau au romantisme désespéré avec et les larmes, et la rage dans la voix de Levi Stubbs. 

L’année précédente, 1964, Lamont et les frères Holland avaient écrit un tube pour les Supremes, “Where did our love go”. La progression mélodique est la même que “Can’t Help myself”. Au point qu’on peut mélanger les deux. Et l’on pourrait passer ainsi de l’une à l’autre. 

D'autres ont trouvé la chanson efficace.  Sylvie Vartan en interprète une adaptation française en 1967. Et “Can’t Help Myself” devint ainsi “Garde - moi dans ta poche”. En 1973, Claude François, grand recycleur des tubes du label Motown, livre une autre version avec des paroles audacieuses où il demande :  “Quand nous faisons l’amour et que tu gémis, est-ce que tu mens ? ”. Et Claude, de conclure dans le refrain : "il faut savoir souffrir pour être heureux"...

Mais revenons aux Four Tops : avec ce titre, ils deviennent un pilier du label Motown. Ils feront d’autres tubes comme “Reach Out” et avec Cloclo – encore - ça deviendra "J’attendrai". Mais ça, c’est une autre histoire. 

  • Légende du visuel principal: The Four Tops © Getty /
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