Tandis que “Florilège”, album best of de Laurent Voulzy vient de paraître, la chanson “Le Soleil donne”, est à l’affiche de "Tubes & Co" ce matin.

Les dimanches après-midi se passaient devant la télé. Avec un présentateur qui martelait le nom de l’artiste, au cas où vous l’auriez oublié y a dix secondes. 

Dans la télé grandiloquente de ces années-là, Voulzy faisait débouler l’air de rien, le murmure des Tropiques : une douceur allègre avec une trompette de mariachis en fin de soirée. Ce son-là signe le morceau tout de suite. On l’a fredonné en faisant : "popopom", avec les mouvements de bassin qui vont avec.

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C’était 1988. Et sous son nom, Voulzy n’avait sorti que deux albums. Mais il publiait régulièrement des chansons toute seules en 45 tours, des singles - des tubes, la plupart du temps.  

En 1988, Laurent Voulzy a 40 ans. Souchon lui a déjà écrit des textes qui évoquent ses origines guadeloupéennes. “Belle-île-en-mer, Marie Galante”. 

Dans “Le cœur Grenadine”, Souchon lui fait chanter :  J’suis né dans le gris par accident.” Voulzy, Guadeloupéen que le hasard a fait naître à Paris et grandir à Nogent. Son enfance, Voulzy la commente en disant : “On devait être deux bronzés dans la cour de l’école”. 

Sans Souchon, Voulzy dit qu’il n’aurait pas évoqué sa couleur. 

1988, Mitterrand est président. Le Front National, pas encore nommé “Rassemblement” fait une percée d’élections en élections. Et Voulzy ne lève pas le poing. 

Pour chanter Le soleil donne. De l’or intelligent”, il y met de la nonchalance. Avec un couplet en espagnol. Une guitare bossa nova. Le goût de Voulzy pour les harmonies vocales. Une basse pour faire rouler les hanches. Des chœurs de filles. Des claps pour le collectif. Le tout passé au polish par des cuivres. Et toujours cette ritournelle-signature, ce motif qui passe le relais entre les différentes parties du morceau que Voulzy chante en anglais, espagnol, portugais - et d’abord en français. 

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En 2015, Alain Souchon et Laurent Voulzy sont ensemble sur la scène du Zénith à Paris. Voulzy, guitare en bandoulière, porte l’une de ses chemises à jabot. Et Souchon fait l’avion, quand il entend la trompette. 

À la question “A quoi sert une chanson engagée ?”, un jour, il a répondu : “Strictement à rien. Mais il faut en écrire quand même.”  

  • Légende du visuel principal: Laurent Voulzy en 1988 © Getty / GARCIA
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