Ce matin, Nino Ferrer est à l’affiche de Tubes N'Co avec “La Maison près de la fontaine”. Après trois années d'exil italien, Nino Ferrer veut rompre avec cette image de faiseur de tubes, en écrivant et composant le concept-album "Métronomie", enregistré en 1971.

Ce début, c’est écouter le jour qui se lève. 

Un peu plus... et on se croirait presque dans une chanson des Doors. 

Mais nous sommes dans la campagne française. Et ça sent l’herbe coupée.  

Au loin, y’a même un truc qui fait bourdon, comme une tondeuse à gazon. Mais c’est pas ça. 

La trompette qui pointe est tenue par Pierre Dutour.

Et puis..  

Et Nino Ferrer a l’air de chanter dans un balancement de rocking chair. 

Du blues, du jazz, un folk français. 

Tout ça, merveilleusement dosé : c’est que du délicat et du cœur serré. Sauf que la chanson fut enregistrée entre insultes et coups de gueule, avec un grand ingénieur du son, qui s’appelait Bernard Estardy.  

Et dans le documentaire On dirait Nino, Bernard Estardy raconte...

Même sachant ça, je n’arrive pas à sentir cette tension.  

Entre la scansion de Ferrer et les harmonies vocales, y a le bonheur de l’enfance. Et le chagrin de l’avoir perdue. 

“La Maison près de la Fontaine”, c’est le bonheur et le chagrin, qui vont bras dessus bras dessous

La mélodie de la chanson elle-même est inspirée par un thème, joué par Louis Armstrong... 

Armstrong, qui reprend le standard St James Infirmary, une marche funèbre où un garçon a perdu sa fiancée. 

Avec Armstrong, La maison près de la Fontaine puise donc du côté de la Nouvelle Orléans.  

Mais la mélodie de la chanson fut écrite à Rome, avec des paroles en italien. Puisque Nino Ferrari, dit Ferrer, est italien. 

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Il n’est ici question ni de maison, ni de fontaine

Ça s’intitule “Povero Cristo”, “pauvre Christ”.  

Le texte est anticlérical et la chanson fut censurée par le Vatican. 

Les paroles françaises n’en sont pas moins politiques cela dit. 

La chanson sort en 1972, donc 4 ans après 1968, si je sais encore compter.  

Et ce morceau, comme tout l’album sur lequel il figure, raconte les désillusions : la planète qui fout le camp, la drogue, les libertés bafouées.  

Mais Nino Ferrer ne lève pas le poing : c’est l’ironie qu’il préfère pratiquer.  

La maison près de la Fontaine fait partie de Métronomie, album magnifique dont je vous parlerai demain. Nino Ferrer en disait ceci :  

J’ai enfin réalisé ce que j’ai toujours désiré : une œuvre en toute liberté.

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  • Légende du visuel principal: Nino Ferrer dans les années 1970 © Getty / Mondadori
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