Quelle que soit la météo : “Vamos a la playa !”, c’est la chanson choisie pour le Tubes N'Co de ce matin. Et c’était fluo. C’était chimique comme le Tang, cette boisson en poudre à diluer dans l’eau. C’était bon, c’était pas bio.

Le duo Righeira en 1983
Le duo Righeira en 1983 © Getty / Mondadori Portfolio

Nous étions en 1983. Stefano Rota et Stefano Righi – pardon j’en fais des caisses, mais ça ne va pas durer, j’me fais plaiz – Ces 2 Stéfanos disais–je, étaient réunis sous le nom de Righeira. Et nous chantions le refrain. Cette phrase qu’ils martèlent 26 fois en 3 minutes 28. 

Nous irions à la plage, même si la bande son était d’une allégresse un peu balourde.  

Nous avions fait Allemand 1ère langue alors les paroles hein. Et pourtant. Cette chanson disait quoi ? 

(Vamos a la playa) On va à la plage. Ok. 

(La bomba estallo) La bombe a explosé. 

(Las radiaciones tuestan) Les radiations grillent. 

(Y matizan de Azul) Et apportent des nuances de bleu. 

Et plus loin dans la chanson : 

Le vent radioactif ébouriffe tes cheveux. La mer finit par être propre. Plus de poissons malodorants mais une eau fluorescente”. 

Lâchons alors parasols et rabanes : “Vamos a la playa” est bien l’hymne anti-nucléaire de l’année 83.  

Celle où Ronald Reagan, président des Etats–Unis, lançait un projet de défense stratégique. On a appelé ça, “Star Wars”. Ça n’avait pourtant rien d’une fiction : une guerre nucléaire entre les Etats–Unis et l’Union Soviétique devenait hautement probable. 

Là-dessus, le duo Righeira commet un tube d’après l’apocalypse, parce que la vie ce serait plus fort que tout

.

Résistance et ironie. Telle est la bombe de ces 2 gars, alors zou. 

Bon bref. Bien qu’il s’exprimât en espagnol, le duo Righeira était incontestablement italien. Et la conception de la chanson commence en 1981, dans une cave de Turin. 

Voici donc la maquette de “Vamos à la playa”... 

Amateur de punk et de new wave, Stefano Righi compose une bande son toute en raideur. En phase avec la gravité de la situation.  

C’est donc la fin du monde. 

Et c’est là, qu’interviennent 2 autres Italiens. Producteurs, ils s’appellent les frères La Bionda, ils ont participé à l’émergence de l’italo-disco, genre qui connaîtra un rayonnement mondial.  

Les frères La Bionda font entrer un bout d’été dans le morceau avec un son qui évoque le steel drum, ou tambour d’acier. Une percussion des Caraïbes. Ici dans une version électro. 

Quand soudain...

Le morceau prend une dimension spatiale. Voire cosmique avec décollage de fusée. Le truc idéal pour emballer au stand des auto–tampons. 

Le duo Righeira reste le groupe de ce seul tube. Post-apocalyptique. Finalement raccord avec le temps présent, post-vérité ou post-covid. Alors je vous le dis : 

Chers amis, vous êtes prêts à chanter Vamos a la playa”.   

Bon, là, c’est dans un stade, mais dans une salle de bains, ça marche aussi. 

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