Nous sommes dans l’Aveyron, beau département tourné vers l’Auvergne au nord, vers les Cévennes et au Sud. José Bové nous reçoit sur le Larzac à Montredon, chez lui. Un lieu peu peuplé, ouvert à l'infini, battu par les vents à la richesse de la biodiversité incroyable.

José Bové dans le Larzac
José Bové dans le Larzac © AFP / REMY GABALDA

Le Larzac, combien de divisions ? Au moins une sur 3000 hectares, celle de milliers de brebis, de fleurs, de chênes, de souvenirs des Templiers qui hantent  les murs des communes  et très peu d’habitants au kilomètre carré 

Un grand causse où la moindre goutte d’eau s’infiltre immédiatement. Ici on ne joue pas avec la nature, on ne la domine pas, on l’épouse, on fait avec. 

Bref, nous sommes sur une terre de résistance qui cultive sa liberté et forge les caractères.

C’est là que José Bové a élu domicile, il y a plus de 40 ans ; nous allons parcourir ce Larzac nourricier où le ciel, le vent et la terre jouent sans arrêt ensemble. 

José Bové : "Le vent joue un rôle important. C'est  le vent de Nord-Ouest qui est dominant, mais on a un vent du Sud qu'on appelle "le vent qui rend fou". Quand il y en avait, les gens restaient enfermés, en espérant que ça s'arrête. Cela dure un jour, deux jours, trois jours... On en a plein les oreilles, mais c'est pas du bruit. On a l'impression en même temps d'être sur la mer."

Le parc national régional des Grands Causses

José Bové : "C'est le Parc régional des Grands Causses qui prend une partie du Larzac aveyronnais, le Causse Noir et puis une partie de l'Aveyron en allant plus vers l'Ouest, vers Albi. Cela fait une zone assez grande. La Larzac comprend des choses assez curieuses : 

C'est le seul parc qui comprend un camp militaire et un autoroute !

Sur ce 0,6% de la France que représente le Larzac, on a 40 % de la flore française qui s'est installée. On a la plus grande diversité d'orchidées de tout le territoire, c'est extraordinaire à voir. 

Ici, c'est un habitat très dispersé. On est deux habitants au m2. La particularité est l'élevage de brebis. Donc l'habitat est lié à la capacité de ce territoire de pouvoir faire paître les brebis. On ne peut vraiment pas concevoir le Larzac sans elles : c'est le berceau du Roquefort, puisque la commune de Roquefort est sur les contrefort du Larzac. Les caves d'affinages, sont des grottes dans le quartz. Il y a une adequation entre l'économie et le territoire.

Il n'y a pas de frontières sur le Causse. On voit à l'infini. 

Cela angoisse certaines personnes qui ont du mal à se définir dans un espace aussi ouvert."

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