En cette saison, c’est le moment de fêter la mer, dans laquelle nous rêvons de nous baigner avec délice. Un poème des Fleurs du Mal la célèbre.

Homme libre, toujours tu chériras la mer !

La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme

Dans le déroulement infini de sa lame,

Et ton esprit n’est pas un gouffre moins amer.

Tu te plais à plonger au sein de ton image ;

Tu l’embrasses des yeux et des bras, et ton cœur

Se distrait quelquefois de sa propre rumeur

Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.

Cette bonne mer, cette mer heureuse, c’est celle que Baudelaire rencontra durant son « long voyage sur mer » de 1841 et 1842, imaginé par le général Aupick, son beau-père, pour le dépayser, l’éloigner des « égouts de Paris » (PZ, 141), après une année de débauche et de dépense bohémiennes, alors qu’il n’était pas encore majeur et passait son temps à faire des dettes. Cette mer peupla pour longtemps sa mémoire d’images exotiques.

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