Les question du genre et du transgenre font aujourd’hui notre ordinaire ; elles ne surprennent plus comme en 1900 ou en 1930, quand Colette les abordait sans masque, parlait franchement de l’homosexualité et du travestissement.

Colette et Edwige Feuillere
Colette et Edwige Feuillere © AFP / Bettmann / Contributeur

Dans Claudine à Paris, Colette est l'une des premières à mettre en scène un jeune homosexuel, Marcel, fils de Renaud, mari de Claudine. C'est encore une carricature. Colette se justifiera plus tard en disant, dans Mes apprentissages, qu'elle dissimulait ainsi à Willy son désir de jeunes gens moins âgés et "bombés" que lui.

De fait, Colette avouera dans Ces plaisirs..., renommé Le Pur et l'impur, le plaisir qu'elle trouva dans la compagnie de ces jeunes amis d'un "mauvais genre" que Marcel Boulestin, l'un des ouvriers de Willy, lui présenta. 

Colette pénétra ce Paris que Proust devait décrire sous le nom de Sodome et, avant lui, elle joue sur l'expression "en être" dans Claudine à Paris (I, 301, 305). Quand Proust publia Sodome et Gomorrhe I en 1921, elle rendit les armes, du moins devant son Sodome, non sa Gomorrhe. 

Colette : 

Personne au monde n’a écrit des pages comme celles-là sur l’Inverti, personne ! Je vous fais là une louange orgueilleuse, car si j’ai voulu autrefois écrire sur l’inverti une chose pour le Mercure, c’est celle-là que je portais en moi, avec l’incapacité et la paresse de l’en faire sortir !

Elle s’y attela pourtant dans "Ces plaisirs"…. 

Le feuilleton, qui commença de paraître dans l’hebdomadaire de droite Gringoire en décembre 1931, fut interrompu après quatre livraisons, non pas à cause du sujet, que Gringoire ne dédaignait pas, mais sans doute parce que Colette y peignait Missy sous l’appellation transparente de « la Marquise ».

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