D’où viennent ces héros qui déclament des concepts parfaitement incongru dans une société du loisir, du bien être et de la sécurité ?

La colère d'Achille, tableau peint par Jacques-Louis David en 1819 tiré d'un épisode de l’Iliade. Collection du Kimbell Art Museum.
La colère d'Achille, tableau peint par Jacques-Louis David en 1819 tiré d'un épisode de l’Iliade. Collection du Kimbell Art Museum. © Getty / Heritage Images

Quand nous embarquons avec Homère, nous entendons des mots étranges dont nous n’avons plus l’habitude, la gloire, le courage, la bravoure, la fougue, la destinée, la force, l’honneur ...

"De nos mains, non de l’indolence, viendra la lumière" dit Homère par la bouche de l’un de ses héros. L’époque contemporaine, depuis l’après-guerre, semble avoir remisé dans le grenier des vieilles lunes ces notions familières aux Grecs. Les langues sont mortes serine-t-on sans nous rendre compte qu’elles nous survivront. Ces expressions le seraient-ils aussi ? Pire que tous, l’un de ces mots paraît avoir été oublié, abandonné au fond d’une strate archéologique : l’héroïsme. Dans ces textes, ce mot domine. L’Iliade et l’Odyssée sont les poèmes de l’héroïsme.

De cet étourdissement de batailles et d’aventures, de ces flots de sang, de larmes et d’ambroisie, de ces harangues lancées au-dessus des murs de pierres et de corps et de ces chants murmurés dans l’alcôve, de ces amours où les hommes s’aiment avec la grâce des dieux et les dieux avec le ridicule des hommes, de ces tableaux qui nous propulsent tour à tour d’un rempart à l’alcôve, d’une grotte de monstres à une plage où s’ébattent les donzelles, d’un char de guerre au pont d’un navire, se dresse immuablement une figure humaine qui a beaucoup alimenté notre histoire, notre littérature, et notre pensée : celle du héros grec.

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