Si l’intention de Machiavel, avec Le Prince, était de démontrer combien un homme de sa trempe était indispensable à la conservation de l’État, alors le coup a raté.

Blason des Médicis sur une fontaine dans le Val d'Orcia
Blason des Médicis sur une fontaine dans le Val d'Orcia © Getty / DEA / C. SAPPA

Le livre n’est pas passé inaperçu, et Nicolas Machiavel eût durant l’année 1514 quelque espoir de revenir en grâce. Mais cet espoir fut rapidement douché. Dans une lettre de février 1515, le pape Léon X encourage Julien de Médicis à, je cite, « ne pas se compromettre avec Nicolas ». Tandis que se précise la menace des grandes offensives françaises (1515 : Marignan), c’est le pape qui désormais fait la politique florentine.

Il faut donc poursuivre le combat, en déplaçant le théâtre des opérations. Le théâtre, tiens, pourquoi pas ? Machiavel a toujours eu un penchant pour la veine satirique des comédies romaines. Il s’est, dans sa jeunesse, essayé à traduire Térence et a composé une première pièce, aujourd’hui perdue, dont on ne connaît que le titre : Les Masques.

L'équipe
  • Patrick BoucheronProfesseur au Collège de France, titulaire de la chaire : Histoire des pouvoirs en Europe occidentale, XIIIe-XVIe siècles
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