« Historien, auteur comique et tragique ». Ainsi se présentait Machiavel à la fin de sa vie, dans une lettre adressée à son ami Guichardin

Détail de la statue de Machiavel au Musée des offices à Florence
Détail de la statue de Machiavel au Musée des offices à Florence © AFP / Manuel Cohen

Il n’a sans doute jamais écrit de tragédie, mais ce sont ses comédies — La Mandragore et, plus tard, Clizia — qui, paradoxalement, assument sa conception tragique de l’histoire. C’est donc bien en tant qu’homme de lettres qu’aimait à se définir Machiavel, car il s’adresse toujours à un public, de lecteurs ou de spectateurs.

Dès lors qu’on prend la mesure de l’importance du théâtre dans l’œuvre de Machiavel, c’est l’ensemble de ses écrits qui s’en trouve théâtralisé. Relire Le Prince après avoir lu La Mandragore, ce n’est pas seulement y retrouver les thèmes de la dissimulation, des faux-semblants et des apparences, mais comprendre qu’il y a une force théâtrale, puissante, impérieuse, qui traverse tout le texte.

L'équipe
  • Patrick BoucheronProfesseur au Collège de France, titulaire de la chaire : Histoire des pouvoirs en Europe occidentale, XIIIe-XVIe siècles
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